Home Non classéBigflo & Oli – Karma : L’art de grandir sans se trahir

Bigflo & Oli – Karma : L’art de grandir sans se trahir

by Allychachoo

Bien sûr Bigflo & Oli ! On écoute Karma en boucle en famille depuis sa sortie ! Et les suivre au fil des années, c’est assister à un renouvellement constant, mais toujours tissé autour des mêmes obsessions. Avec cet album Karma, le duo nous prouve une fois de plus que, malgré le temps qui passe, ils ne perdent jamais le fil de ce qui les définit.

Karma : retour au rap

Première écoute, pas de doute. Karma sonne “plus rap” que son prédécesseur. La consonance plus pop de Les autres c’est nous s’est effacée au profit d’une approche plus frontale. Plus brut. On se retrouve pas mal dans l’univers des free style dont les frères nous ont gratifié récemment. Avec quelques incursions du côté de la musique latino, mais aussi des intégrations d’autotune un peu surprenantes.

Moins de hit peut-être à la première écoute de Karma ? C’est vrai. Pour autant, progressivement l’oreille s’accroche sur des mélodies. Et surtout sur les paroles, bien entendu. On est face à une technicité renversante, rien à dire la dessus. Florian & Olivio maîtrisent leur art. Mais les textes mes amis, comme toujours, les textes…

Nos obsessions ne nous quittent jamais

Ce qui me fascine chez eux, c’est cette manière unique de revenir sans cesse aux mêmes thèmes. Comme une soif de revanche sur la gravité du temps qui nous file entre les doigts. C’est l’histoire de deux gamins partis de rien qui ressentent toujours ce besoin viscéral de prouver, cette envie de grandir qui ressemble à une quête de légitimité permanente. De La Cour des grands à Karma, 100 nuances de questionnements.

Entre l’ancrage indélébile de leurs origines et cette introspection face à un monde qui s’agite, on retrouve dans Karma tout ce qui fait leur force. Ils évoluent, leur musique se réinvente, mais cette petite mélancolie familière reste la même. C’est un miroir tendu à notre propre existence : on avance, on change de décor, mais nos doutes profonds et notre décalage face au monde qui nous entourent restent nos plus fidèles compagnons. Les frères Ordoñez sont des artistes qui parlent aux gens qui doutent. Très fort.

Les pépites de Karma

Cet album est une collection de moments suspendus. J’aime l’idée qu’il n’y a pas forcément un “hit” qui se démarque, chacun verra sa préférence dans ces 13 titres. Pour mes fils, 2 gros coups de cœur : l’ambiance latina de Picasso et l’énergie de Remontada. De mon côté, c’est Le goût du sel qui me prend aux tripes.

Mais la vraie claque de cet opus réside sans doute dans les deux morceaux solos : Tu me manques et l’intrigant W_Osaka_hotel.mp3. Ces deux parenthèses permettent à chacun d’explorer sa propre fragilité, en écart de la dynamique de leur duo. C’est à la fois impudique et magnifique. On y découvre des hommes face à leurs absences et leurs solitudes, et c’est précisément dans ce dépouillement que leur plume me touche le plus.


Karma n’est pas juste un album de plus dans la discographie de Bigflo & Oli. C’est la preuve qu’on peut se renouveler sans jamais se trahir. Un album mature, parfois sombre, et terriblement humain. Les frères continuent de creuser leur sillon avec une sincérité désarmante qui résonne toujours en moi.

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Le nez dans les bouquins, le cœur dans les musées, les jambes à l'assaut du patrimoine et l'esprit en voyage ! Je partage avec vous mes découvertes culturelles du moment, diverses et variées, sans prise de tête. Éclectisme, je crie ton nom !
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