Vous aussi ça vous fait tilter quand vous voyez « de la Comédie-Française » accolé au nom d’un acteur dans un générique ? Eh bien avec ce film, vous risquez de tilter non-stop puisque tous les comédiens sont « de la Comédie-Française », sauf les réalisateurs Bertrand Usclat & Martin Darondeau.
De la Comédie-Française, dans les coulisses de l’institution
Trois heures avant la première de Macbeth, Nina apprend que sa comédienne principale est coincée en Bretagne et ne pourra pas être là pour le lever de rideau… Mais à la Comédie-Française, il y a une règle d’or : si un spectacle est annulé, alors le responsable doit en rembourser la recette. Soit 25 000 euros. Nina doit donc impérativement trouver une solution pour que le spectacle ait lieu. Mais c’est sans compter sur toute la bande de bras cassés qui l’entoure et qui va rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont déjà.
Ça faisait longtemps que je n’avais plus rigolé aussi franchement devant une comédie française. Le film est court (1h15), mais comme le dit l’adage, « les plus courtes sont les meilleures ». C’est bien rythmé et Pauline Clément (Nina) joue parfaitement sa partition. La question que je me suis posée en sortant néanmoins est la suivante : est-ce que ce film ne repose pas trop sur un humour de niche ? Forcément, je me suis éclaté tout au long du film, mais je suis le client idéal : prof de théâtre, lecteur de théâtre, comédien amateur, spectateur assidu… toutes les références me parlent dans cette comédie. Mais cela fera-t-il mouche avec tous les spectateurs ? En tous cas, dans la salle où j’ai vu ce film (Pathé Wilson à Toulouse), ça se bidonnait franchement.
Un casting cinq étoiles
Outre son scénario très classique, ce sont les guest stars de la Comédie-Française (la vraie) qui tirent le film vers le haut. La plupart sont toalement en roue libre, comme Guillaume Gallienne en portier zélé, Benjamin Lavernhe en Molière, et surtout mes deux chouchous : Christian Hecq en régisseur et Séphora Pondi en maquilleuse (elle nous avait bouleversé dans Hécube, pas Hécube).
Bien qu’elle ne soit pas tendre avec leur ego, la comédie suinte d’amour pour les acteurs de théâtre, pour les galères qui font le sel de cette profession, pour la passion de ceux qui sacrifient beaucoup à leur deuxième famille des planches.
Le tempo comique est maîtrisé, les répliques piquantes et la musique « batterie » (très proche de celle du Sens de la Fête) est une astuce efficace pour qu’on ressente nous aussi la pression de la metteuse en scène qui n’en peut plus des galères. Tout m’a fait rire, jusqu’au générique de fin stupide à souhait (amateurs d’humour potache façon Cité de la Peur, ne partez pas).
Bref, je me suis fait choper par la fraîcheur des gags, par la troupe de bras cassés très drôle, et surtout par l’amour évident que le film porte aux gens derrière les grandes pièces de théâtre. De la Comédie-Française est donc la bonne alternative comique à côté des très sérieuses Odyssée de Nolan ou Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry.