Bien sûr que j’ai regardé All’s Fair. On ne présente plus Ryan Murphy et ses créations télévisuelles qui rythment nos binges-watches. Avec All’s Fair, il nous plonge dans l’univers impitoyable d’un cabinet d’avocates d’affaires spécialisées dans les divorces. Un sujet qui promettait des étincelles, mais est-ce que la mayonnaise a vraiment pris ?
Girl power, divorces, guerre d’égo : de quoi parle All’s Fair ?
L’intrigue suit une sucess story : 2 avocates, Allura Grant et Liberty Ronson, ont réussi le pari audacieux de monter leur propre business, accompagnées de l’excellente enquêtrice Emerald Greene. Au top de leur parcours, elles reprennent contact avec leur illustre mentor, Dina Standish. Sauf que sur leur route, elles doivent dealer en permanence avec leur Némésis jurée, la redoutable Carrie Lane, qu’elles avaient volontairement laissé dans leur ancien cabinet patriarcal et qui leur voue depuis une haine féroce.
Mais le cœur de la série ne se limite pas aux prétoires. Au milieu de cette guerre des tranchées, on plonge dans les vies personnelles de ces girls boss : le mariage compliqué d’Allura avec son footballeur de mari, la relation amoureuse de Liberty sur le point de prendre un tournant majeur, le quotidien d’Emerald en tant que mère célibataire, ou encore l’épreuve terrible du mari malade de Dina. Un cocktail de soap-opera qui s’annonçait riche en rebondissements.
Casting XXL et grosse désillusion
Sur le papier, la promesse vendait du rêve. Pensez donc. Kim Kardashian, Naomi Watts, Glenn Close, Niecy Nash et Sarah Paulsson. À l’arrivée, ce casting XXL m’a laissée sur ma faim.
J’avais pourtant trouvé Kim Kardashian plutôt convaincante dans la saison 12 d’American Horror Stories… Mais ici, son personnage d’Allura, souvent figé et sans expression, ne m’a pas entraînée très loin. Et face à d’autres actrices, ça saute aux yeux. Surtout dans les duels et les confrontations avec Carrie ! Le problème touche aussi les autres figures de la firme : Liberty et Emerald héritent de rôles qui mériteraient une plus grande mise en lumière. Naomi Watts et Niecy Nash sont donc malheureusement sous-employées, au profit du focus peu inspiré sur Allura.
Heureusement, tout n’est pas à jeter du côté de la distribution. J’ai eu un gros coup de cœur pour l’intégration de Glenn Close dans l’univers de Ryan Murphy, qui impose une vraie prestance. Quelle queen ! Et surtout, surtout, surtout… Comme souvent, Sarah Paulson est impériale. Elle est tout simplement jubilatoire dans le rôle de l’horripilante Carrie. Vraiment, elle vole littéralement chaque scène où elle apparaît. C’est elle la star de All’s Fair !

Une ambiance visuelle léchée, mais une intrigue pauvre
Tout le paradoxe d’All’s Fair réside dans ce décalage. D’un côté, j’ai aimé le côté too much assumé de la série, comme est capable de faire si bien Ryan Murphy. Les tenues sont folles, l’esthétique pulse, tout le monde est beau et parfait. La description clinquante de ce milieu d’avocats ultra citadin et déconnecté du quotidien a de quoi séduire les amateurs de drames ultra léchés.
Mais visuellement beau ne veut pas dire scénaristiquement solide. Et là, bon, ça pêche. L’histoire globale reste beaucoup trop pauvre à mon sens. Trop d’importance est accordée à Allura et à ses atermoiements avec son mari Chase, alors que franchement… L’intrigue bien plus intéressante autour d’Emerald patine, et on ne s’attarde pas suffisamment sur à mon goût sur d’autres angles qui mériteraient d’être explorés. Bref, All’s Fair manque cruellement d’épaisseur sur la longueur.
En bref : All’s Fair se regarde, offre quelques jolies fulgurances grâce à des actrices d’exception, mais la poudre aux yeux ne suffit pas à masquer un scénario qui manque cruellement de chair.
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