Home À lire Coeurs perdus en Atlantide, Stephen King [CRITIQUE]

Coeurs perdus en Atlantide, Stephen King [CRITIQUE]

by Allychachoo
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King oui, encore, toujours. Je suis de retour avec un de ses ouvrages peut-être peu connu, Coeurs perdus en Atlantide de Stephen King était posé sur les étagères de la bibliothèque de mes parents depuis des années et je me suis décidée à le prendre il y a peu (ok, j’avoue, j’ai écumé une à une les étagères de leur immense bibliothèque pour rafler l’intégralité des King que je n’avais pas encore lu). Et je dois dire que si je ne l’avais pas pris avant, c’est que ce titre ne me disait absolument rien, jamais entendu parler, ni un de ses titres cultes ni l’un des plus récents donc j’ai toujours repoussé. Jusqu’à cet été.

J’ai attaqué Coeurs perdus en Atlantide comme un roman, roman que j’ai immédiatement trouvé un peu “étrange” tant je ne voyais pas où l’histoire pouvait mener. Il s’agit en fait en quelque sorte de plusieurs nouvelles, car Cœurs perdus en Atlantide est composé de 5 récits plus ou moins longs : “Crapules de bas étage en manteau jaune”, “Chasse-cœurs en Atlantide”, “Willie l’aveugle”, “Pourquoi nous étions au Viêt Nam” et enfin “Ainsi tombent les ombres célestes de la nuit”. Mais bien que nous ne soyons pas dans un roman classique donc, il existe des petits liens entre chaques histoires, nous ne sommes pas dans un recueil classique comme Nuit noire, étoiles mortes (que j’adore !) mais dans une sorte de format hybride assez inclassable.

La première histoire est centrée sur un drôle d’ensemble de personnages, le jeune Bobby qui vit seul avec sa mère Liz, ses amis de toujours Carol Gerber et Sully-John et un vieux monsieur qui emménage en tant que locataire au-dessus de chez Bobby, Ted. Bien sûr quelques discrètes notes surnaturelles apparaissent deci-delà, une petite notion de télékinésie et nous voilà embarqué dans un univers à la King assez étrange et fuyant. J’étais un peu décontenancée par ma lecture, séduite et en même temps un peu déroutée par l’enchaînement surréaliste des scènes puis… J’ai tourné la page et bam, nouvelle histoire avec “Chasse-cœurs en Atlantide”, dans les chambrées des étudiants boursiers de l’université du Maine qui essayent de réussir leur première année malgré l’attraction irrésistible des jeux de cartes tout en assistant à la montée de l’activisme anti-guerre du Viêt Nam. Passé le choc du “ah mais ça n’a plus rien à voir c’est ça ? vraiment ?”, je me suis complètement plongée dans la plume de King, qui met en avant les USA des 60’s d’une manière très intime. Nouvelle histoire avec Willie Shearman au début des années 80, survivant du Viêt Nam, qui cherche dans une nouvelle vie très atypique une manière d’expier une faute de jeunesse. Le lien entre les 3 histoires devient à ce moment là bien plus étroit, et la cohérence se créé totalement. En 1999, “Pourquoi nous étions au Viêt Nam” propose une réflexion sur cette “génération perdue” à l’occasion de l’enterrement d’un ancien combattant, puis “Ainsi tombent les ombres célestes de la nuit” apporte une forme de conclusion qui n’en est pas une. La boucle est bouclée.

Long et vaguement confus mon résumé n’est-ce pas ? C’est ça. Difficile de raconter Coeurs perdus en Atlantide, qui semble tellement sorti de nulle part. Malgré les touches de surnaturel et le thème un peu abordé de la télékinésie, cher à Stephen King, j’ai eu du mal à reconnaître le style et l’univers de cet écrivain que j’adore. Je sais qu’il y a sûrement, comme toujours dans l’oeuvre de King, des liens avec des romans que je n’ai pas encore lu, mais c’est vrai que c’est un livre que je trouve très “à part” dans ce que j’ai pu lire de lui.

Pour autant… J’ai aimé Coeurs perdus en Atlantide, beaucoup aimé même, beaucoup beaucoup. C’est un roman/recueil de nouvelles (impossible de réussir à trancher pour ma part !) qui m’a séduit l’air de rien, petit à petit quand j’ai avancé dans ma lecture et encore plus quand j’ai refermé le bouquin. Encore plus le jour suivant, et les jours d’après. Il y a une poésie dans cette oeuvre, dans la manière de dépeindre cette génération américaine des années 60, avec nostalgie, qui m’a fait reconsidérer la manière d’écrire de Stephen King. Si j’adore le côté sombre “habituel” de son oeuvre, il se dégage de Cœurs perdus en Atlantide une vraie force d’écriture qui va au-delà de l’histoire. Un vrai sentiment d’émotions, tout en finesse, mais bien réel.

Je vais donc conclure en disant que Coeurs perdus en Atlantide, par sa singularité, est grimpé très très haut dans mon classement des œuvres préférés de Stephen King. Oui, il est différent, même très différent. Et c’est un très très bel ouvrage.

Vous avez lu Coeurs perdus en Atlantide ? Vous en avez pensé quoi ?

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2 comments

Julien 16 septembre 2020 - 18 h 45 min

Waouh ! C’est intrigant ! Moi non plus je n’ai jamais entendu parler de ce roman. En fait, je n’ai jamais lu non plus de roman de Stephen King tout court, mais pourquoi ne pas commencer par celui-là, moins classique par rapport à ce qu’il fait habituellement, mais qui a l’air très beau.

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Allychachoo 17 septembre 2020 - 14 h 25 min

Je te le mets de côté si tu veux 🙂 Après il est vraiment vraiment particulier, mais il m’a beaucoup touché. Comme quoi, on en découvre toujours d’un auteur qu’on aime ! Et c’est vraiment le cas, car entre celui là, Misery que j’ai lu cet été comme tu sais, et là d’autres nouvelles de lui que je suis en train de lire… Je découvre d’autres facettes de Stephen King et c’est GÉNIAL !

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