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Los años nuevos, à ne pas manquer sur Arte

by Julien
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J’en suis convaincu, Arte est la meilleure plateforme pour trouver des séries originales et qualitatives (et en plus elle est gratuite). La chaîne a encore fait mouche avec Los años nuevos, une série espagnole qui parvient à saisir avec finesse ce qui constitue l’essentiel de nos existences : le temps qui passe, les choix que l’on fait, les amours qui nous construisent autant qu’ils nous blessent. Une série en 10 épisodes que j’ai pris le temps de regarder sans les bingewatcher, afin de les apprécier pleinement.

Los años nuevos : une idée aussi simple que brillante

Le principe est d’une redoutable efficacité : chaque épisode se déroule entre le 31 décembre et le 1er janvier pendant dix ans. Dix épisodes, dix réveillons, dix années dans la vie d’Ana et d’Óscar.

On les rencontre à l’aube de la trentaine. On les quitte dix ans plus tard. Entre-temps, ils se sont aimés, éloignés, retrouvés parfois, perdus souvent. Et le spectateur est invité à combler lui-même les vides laissés par les ellipses d’une année entière. Cette construction donne à la série une dimension presque vertigineuse. Ce qui n’est pas montré devient parfois plus important que ce qui l’est. On reconstitue les événements, on imagine les blessures, les réconciliations, les renoncements. Comme dans la vraie vie, finalement.

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Iria del Río et d’Francesco Carril dans Los años nuevos, sur Arte

Le portrait d’une génération

La série cible les trentenaires, mais aucun doute que les quadragénaires se reconnaîtront aussi dans ce portrait particulièrement juste. Questions professionnelles, désir d’enfant, difficultés à communiquer, usure du quotidien, peur de l’engagement ou de la solitude : la série aborde tous ces sujets sans jamais tomber dans le discours démonstratif.

Ana et Óscar ne sont pas des héros exceptionnels. Ils sont simplement humains. Et c’est précisément ce qui les rend si attachants. Les interprétations d’Iria del Río et d’Francesco Carril sont remarquables de retenue. Tout passe par les regards, les silences, les hésitations, les malentendus et ces petites explosions émotionnelles qui surviennent parfois au détour d’une conversation ordinaire.

Rodrigo Sorogoyen change de registre

Connu pour des œuvres tendues comme As Bestas (que je n’avais pas réussi à regarder en intégralité) ou Madre (que je n’ai pas vu), Rodrigo Sorogoyen surprend ici en adoptant un rythme beaucoup plus contemplatif. Je dois confesser qu’il m’a fallu attendre l’épisode 3 pour vraiment entrer totalement dans la série, mais je comprends rétrospectivement le rythme particulier des deux premiers épisodes et l’intelligence de cette écriture, qui prend le temps d’installer les personnages et les situations.

Il faut accepter une série largement fondée sur les dialogues. Les scènes d’intimité, très crédibles, participent également à cette impression de vérité. Je me suis d’ailleurs demandé quel était le niveau d’intimité des deux interprètes principaux dans la vie réelle, car les scènes de sexe dans la série sont totalement explicites et réalistes (à vous te trouver le contexte adapté pour regarder les épisodes en question). La mise en scène reste discrète mais d’une grande précision, attentive aux gestes les plus simples comme aux émotions les plus complexes.

Mention spéciale également à la bande-son, composée de nombreux titres espagnols peu connus en France et qui donnent envie d’explorer davantage cette scène musicale.

Une série à découvrir en version originale

La série gagne énormément à être vue en version originale (comme Querer dont nous vous parlions ici). Non seulement pour la richesse des dialogues, mais aussi parce que plusieurs épisodes font intervenir le français, ajoutant encore à l’authenticité de l’ensemble. Et puis il y a le dernier épisode, véritable tour de force technique et émotionnel, qui vient couronner une œuvre déjà passionnante.

Sans grands effets ni rebondissements spectaculaires, Los años nuevos réussit quelque chose de rare : faire du quotidien une aventure captivante. Une magnifique méditation sur l’amour, le temps et la manière dont nos vies se construisent, année après année, au fil des réveillons et des recommencements. Clairement, c’est l’une des séries qui m’a le plus cueilli ces derniers temps.


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