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Mai 2026, le bilan culturel

by Julien
bilan culturel avril 2024 © Culture déconfiture

En mai, fais ce qu’il te plaît. Il ne faut pas me le dire deux fois. Surtout qu’avec tous ces ponts, le mois de mai a davantage ressemblé à un mois de vacances qu’à un mois travaillé. Avec 3 films, 6 spectacles et 1 lecture, le mois a été très plaisant ! Sans compter sur les autres volets culturels dont je ne parlerai pas ici : des séries, des randos, des visites de châteaux… C’est parti pour le bilan culturel du mois de mai…

cinema

Lors d’un dîner de répétition un peu trop arrosé avant leur mariage, Emma, Charlie et leurs témoins se livrent à un petit jeu de confidences : se révéler la pire choses qu’ils aient faites dans leur vie. Un peu trop éméchée, Emma fait un aveu qui va faire exploser les relations (du couple et des amis). Un régal ! J’ai tout aimé de ce film original. Sa distribution d’abord, avec Pattinson et Zendaya qui jouent une partition digne du très grand cinéma américain. Ensuite, sa bande son totalement immersive et son mixage ultra ciselé. Enfin, son montage qui sort des sentiers battus d’une façon très intelligente, au service de son propos. Du ciné comme je l’aime !

Je n’avais jamais vu ce chef-d’œuvre sur grand écran. Mais chaque fois que l’on redécouvre Citizen Kane, on comprend pourquoi ce métrage figure toujours en tête des classements des plus grands films de tous les temps. Dans les premières minutes du film, le richissime Charles Kane pousse son dernier soupir et prononce sa dernière parole : Rosebud… Et voilà comment commence le plus grand mystère et la plus grande enquête de toute l’histoire du cinéma. Pourquoi Rosebud ? Les intrigues les plus simples sont parfois les plus passionnantes.

Ça se laisse regarder. Comme une bonne comédie française pas trop mal ficelée et pas trop mal jouée. Sur un malentendu, un jeune veuf (Pio Marmaï) confond une artiste de foire (Anaïs Demoustier) avec une voyante qui pourrait lui permettre de communiquer avec sa défunte maîtresse (Vimala Pons). Sur fond de mensonges et de bons sentiments, c’est parti pour deux heures d’une romance gentillette et cousue de fil blanc.

spectacle

MégaSuperThéâtre nous avait séduit l’été dernier avec Montanhar, une adaptation en plein air du roman de René Daumal, Le Mont Analogue. Le projet a pris une nouvelle forme avec Le Grand Vertige, convoquant cette fois une distribution plus large (ils sont 10 en scène) et un imaginaire plus vaste, allant d’Alice au Pays des Merveilles à Scooby Doo.

Montanhar © Grégory Rossi
Montanhar © Grégory Rossi

L’Atelier de la Gare a rencontré un vif succès en mars lors de sa sortie de résidence à la Gare aux Artistes (Montrabé). Avec Noces de Sang, ils mêlent une fois de plus – et plus que jamais – le théâtre à la danse. Ce mois-ci, le spectacle était présenté sur la scène du théâtre de la ville de Cahors pour son festival de théâtre annuel. Bonne nouvelle : le spectacle a été sélectionné pour représenter la région Midi-Pyrénées à la finale nationale du festival Festhéa, en octobre 2026 près de Tours. Youpi !

Noces de sang Atelier de la Gare Garcia Lorca
Noces de sang par l’Atelier de la Gare (visuel de Laurine Leyrat)

Avec une troupe de comédiens amateurs, Laurent Pérez propose une nouvelle mise en scène de La Double inconstance, dans un dispositif quadri frontal, qui souligne à quel point les paroles & les actes des uns sont conditionnés par le regard des autres. Bravo à la troupe d’amateurs qui a osé s’emparer d’un texte aussi dense et ciselé.

Chaque année, quelques semaines avant le bac, les élèves du lycée Raymond-Naves présentent au public les scènes qu’ils joueront devant le jury de l’examen. Cette année, ils ont travaillé sur le légendaire spectacle 1789 du Théâtre du Soleil ainsi que sur le vaudeville Un chapeau de paille d’Italie de Labiche. Dans un cas comme dans l’autre, ils ont su s’emparer des enjeux de ces pièces et en rendre compte avec une énergie intense et maîtrisée. Bravo à elleux !

Pour sa dernière mise en scène avant de quitter la direction du Théâtre de la Cité, Galin Stoev s’est attaqué à William Shakespeare avec La Nuit des rois. Cette comédie foutraque autour de Viola, travestie après un naufrage, donne lieu à un spectacle inégal, entre costumes discutables et énergie débordante. Deux actrices tirent clairement leur épingle du jeu : Anna Cervinka, remarquable par sa diction, et surtout Marlène Saldana, irrésistible en folle improvisatrice. Malgré quelques beaux moments, cette mise en scène reste à l’image du passage de Stoev à Toulouse : contrastée et clivante.

La nuit des rois Galin Stoev Theatre de la Cite © Marie Liebig
La Nuit des rois de Shakespeare, par Galin Stoev au Théâtre de la Cité © Marie Liebig

J’ai rarement assisté à des spectacles d’improvisation, et encore moins à une pièce d’une heure trente entièrement improvisée. Mais la programmation du Théâtre de Poche et l’invitation d’un ami qui pratique ce genre de théâtre m’ont donné envie de passer la soirée avec ces cinq improvisateurs. Quelle belle surprise ! La P’tite Troupe ne tombe pas dans le travers de vouloir faire rire à tout prix – ce qui est le défaut de bien des collectifs d’impro. Leur spectacle est tout dans la nuance, l’équilibre entre les moments légers et les instants plus graves, les tensions, la complexité des relations. Une expérience vraiment intéressante qui donne bien envie d’y retourner !

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En janvier dernier, je vous parlais de mon premier concert de La Grande Sophie, intitulé Lettres musicales. Le roman épistolaire Tous les jours, Suzanne est un pendant à ce show. La Grande Sophie adresse des lettres à Suzanne (amie imaginaire ? aïeule ?) pour retracer son parcours, de l’enfance à la carrière artistique. Temps qui passe, désir d’enfant, soutien aléatoire des maisons de disque, tout est abordé avec pudeur mais sincérité. J’ai adoré chacune des lettres et ça a été un grand plaisir pour moi de découvrir une artiste dont j’entends parler depuis près de trente ans sans jamais avoir intégré mes playlists. Je vous en parlerai bientôt plus longuement !

Tous les jours Suzanne La Grande Sophie
Tous les jours, Suzanne de La Grande Sophie

Et vous, qu’avez-vous vu et lu pendant ce mois de mai ?

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