Home À lireAoût 2026, le bilan culturel

Août 2026, le bilan culturel

by Julien
Bilan culturel août 2026

Le mois d’août a encore été chaud. Mais cela ne nous a pas empêché de lire des livres, aller au théâtre et voir des films. Et je ne parle pas des 25 musées visités (c’est le vrai chiffre, pas une exagération). Et vous, quel est votre bilan culturel ? Voici le nôtre.

cinema

J’ai vu avec un peu de retard cette adaptation du roman d’Emily Brontë. J’ai été emballé par la première moitié du film. Le parti pris esthétique est radical et très fort, avec ses costumes et ses décors très stylisés et sophistiqués. Et puis, au mitan du film, on s’éloigne drastiquement de l’histoire du roman pour raconter une histoire cucul à souhait, très loin du récit de vengeance implacable qu’avait imaginé l’autrice. D’ailleurs, le film ne correspond qu’au premier tiers du roman, alors que la vengeance d’Heathcliff s’abat surtout sur la génération suivante (totalement absente du métrage). Bref, j’ai adoré la première heure et me suis fermement ennuyé par la stupidité du reste de l’adaptation, qui laisse place aux fantasmes de la réalisatrice mais a totalement oublié de servir un scénario intéressant…

Leila Bekhti porte ce film, où elle incarne une mère qui refuse l’étiquette d’« enfant handicapé » que l’on veut coller sur le front de son dernier fils. Car oui, il est né avec un pied bot, mais hors de question que cela définisse qui il est et ce qu’il pourra faire dans la vie. C’est drôle et touchant, très réussi, et c’est apparemment une histoire vraie.

Entre documentaire et fiction, l’histoire de Souleymane raconte les 48 heures qui précèdent son rendez-vous pour une demande d’asile, qui peut totalement changer sa situation sur le territoire français. La brutalité du système montrée dans son plus simple appareil, sans fioriture ni pleurnicherie. Édifiant.

Je vous en ai parlé dans un long article ici. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas été convaincu par ce film de Nolan (comme je n’avais pas été passionné par Interstellar ni Inception). Les acteurs en font des caisses, la musique ne nous laisse presque aucun répit, mais les paysages sont beaux et les scènes d’action parfaitement maîtrisées.

Le cinéma traditionnel peut-il s’emparer d’un phénomène viral sur internet aussi conceptuel que les Backrooms ? Dans la mouvance de la creepypasta, les backrooms nous vont découvrir des lieux aussi dérangeants qu’incompréhensibles. Quand j’ai vu les premiers courts-métrages sur Youtube, j’ai tout de suite pensé au roman La Maison des feuilles, avec son infinité de pièces qui apparaissent et se succèdent jusqu’à créer un labyrinthe (aussi bien physique que mental). Mais le long-métrage n’apporte strictement rien au phénomène et est même plutôt très en-deçà en termes de frissons. Pour moi, cette adaptation est un échec.

Un navet. Incompréhensible si vous n’avez pas vu Black Widow en 2021 (autre navet), et la série Le Faucon et le Soldat de l’hiver (presque un navet). Bref, depuis une demi-douzaine d’années, le MCU s’enlise avec des films de plus en plus mauvais, mais toujours aussi bankable. Dommage, car l’idée d’univers étendu était vraiment un coup de génie. Mais cette phase 5 est une purge à tous les niveaux…

Vous le savez, je ne suis pas un grand fan des biopics. Mais comme je ne connais pas intimement la vie de Michel Jackson, je me suis dit pourquoi ne pas regarder le film Michael. Le pitch : Michael a été un enfant star, Michael avait un père violent, Michael est devenu une superstar, Michael a passé sa vie à essayer de revivre une enfance qu’il n’a pas eue… En fait, rien d’autre que ce que la personne la moins calée au monde sur Michael Jackson ne sache déjà. La première heure du film, narrative, est néanmoins assez captivante. La seconde est une succession de reconstitution de clips, passages tv et concerts… Autant revoir directement des archives de la star, car même si la performance de l’acteur-imitateur (Jaafar Jackson) est assez impressionnante, elle n’apporte rien au sujet qui nous intéresse. Sinon, j’ai été content de voir Miles Teller dans le rôle de l’avocat et manager John Branca, parce que c’est un acteur que j’aime vraiment beaucoup.

spectacle

J’ai profité d’une semaine à New York pour aller savourer les spectacles de Broadway. Que dire de cette adaptation de Moulin Rouge ! en live ? Le spectacle séduit avant tout par son énergie et son rythme effréné. Les chanteurs sont excellents et les décors, nombreux, impressionnent. La mise en scène offre un véritable déluge visuel et musical. Cependant, la bande originale déçoit légèrement par rapport au film. Certains tubes incontournables ont en effet disparu de l’adaptation. D’autres chansons plus récentes viennent heureusement enrichir la playlist. Les reprises de Sia, Adele, Beyoncé ou Lady Gaga apportent de belles surprises. L’ensemble reste donc très spectaculaire et divertissant. Malgré quelques regrets, la soirée s’avère globalement réussie.

Broadway Moulin Rouge 30 juillet 2026
Moulin Rouge ! à Broadway

Après l’enthousiasme modéré de Moulin Rouge !, je suis allé voir le fameux Rocky Horror Show au Studio 54. Quelle soirée ! Luke Evans impressionne dans le rôle de Frank-N-Furter (sans pour autant nous faire oublier le regretté Tim Curry). Son entrée en scène sur Sweet Transvestite constitue un moment particulièrement marquant. Le spectacle se distingue surtout par son interaction permanente avec un public déchaîné. Cette participation rend chaque représentation vivante, imprévisible et complètement déjantée. La musique, jouée en direct par un véritable orchestre, renforce encore l’expérience. Malgré une production moins clinquante que Moulin Rouge !, le spectacle s’avère bien plus enthousiasmant. Une soirée totalement folle au Studio 54 que je ne vais pas oublier.

Broadway The Rocky Horror Show 31 juillet 2026
The Rocky Horror Show au Studio 54
lecture vignette

Charlotte m’avait donné très envie de lire ce thriller de Stephen King, et comme à l’accoutumée, on n’est pas déçu par cette découverte en forme de véritable descente aux enfers. Une femme accepte d’être menottée à son lit pour une petite session coquine avec son mari, mais voilà que le monsieur décède, que les clés sont inaccessibles, et que personne ne viendra la secourir…

À part le style et l’intrigue qui sont captivants et dont Charlotte a déjà tout dit dans son article, j’ai été étonné de voir enfin comment les différents romans de King sont liés entre eux, comme une sorte d’univers étendu.

Jessie fut précipitée dans l’abîme des ans, en proie à cette terreur paralysante et inexprimable des enfants qui sentent qu’une créature sans visage et sans nom – un Ça – attend patiemment sous le lit qu’ils laissent dépasser un pied ou une main…

Jessie (Stephen King)

S’il y avait bien eu quelqu’un dans la maison, il (ça, insista une voix plus profonde, plus ovni que toutes les autres) aurait pu en sortir par une autre porte, et être en ce moment même en train de la suivre.

Jessie (Stephen King)

Peut-on être prof de français et ne pas avoir lu tous les classiques de la littérature française ? Manifestement oui, puisque je ne m’étais jamais jusqu’à aujourd’hui plongé dans le quatrième roman d’Émile Zola. Certes, il fait pas partie de la saga des Rougon-Macquart, mais quelle histoire tout de même ! Thérèse, adoptée par sa tante, finit par épouser son cousin Camille. Un mariage sans amour et sans passion, jusqu’au jour où Laurent, un ami d’enfance, entre dans leur vie.

Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une histoire à l’eau de rose, loin de là ! Zola décrit magnifiquement les rouages psychologiques de ses personnages, deux criminels torturés et hantés.

J’ai renoué avec mes premières amours littéraires en relisant les aventures de Lancelot. Car oui, je nourris une grande passion pour la littérature médiévale. Il y a deux décennies, j’ai même consacré un mémoire à plusieurs romans du XIIe siècle. Et j’ai accessoirement vécu 4 ans à Troyes, ville à laquelle l’auteur doit son nom.

Par amour pour la reine Guenièvre, Lancelot accepte de monter dans une charrette, comble du déshonneur pour un chevalier à cette époque. Dès lors, il n’aura de cesse d’accomplir des exploits afin de reconquérir sa réputation, secourir sa dame prisonnière du machiavélique Méléagant et s’illustrer comme l’un des plus grands héros de la Table Ronde.


Et vous, qu’avez-vous vu et lu ce mois-ci ?

You may also like

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.