Avril s’achève, et avec lui un mois particulièrement riche en émotions artistiques. Des salles obscures aux plateaux de théâtre, des scènes de concert aux voix de l’opéra, la culture s’est déployée sous toutes ses formes, offrant son lot de découvertes, de surprises et parfois de coups de cœur. Retour sur ces instants partagés, ces œuvres qui marquent ou interrogent, et ce dialogue toujours vivant entre les arts et le regard du spectateur. C’est parti pour le bilan culturel du mois d’avril !
Nomadland, de Chloé Zhao
J’avais totalement raté ce film de Chloé Zhao lors de sa sortie il y a six ans, bien que de nombreuses personnes m’en aient parlé à l’époque. Et je comprends l’engouement suscité par ce métrage. Frances McDormand est exceptionnelle (on l’avait adorée dans 3 Bilboards, entre autres). Avec Nomadland, la réalisatrice jette un coup de projecteur sur une population d’invisibles et c’est vraiment édifiant. Et les paysages américains sont tout simplement whaou… Du grand cinéma.
Projet dernière chance, de Phil Lord & Christopher Miller
Voilà un film de SF mignon comme tout. L’amitié entre un humain et un extraterrestre (ça pourrait être le scénario d’E.T.). La difficulté de communiquer avec une intelligence extraterrestre (ça pourrait être le scénario de Premier contact). Apprendre à survivre seul loin dans l’univers (ça pourrait être le scénario de Seul sur Mars). Projet dernière chance, c’est un peu tout ça mélangé, à la sauce « pour les petits nenfants ». On passe un très bon moment.
Juste une illusion, Olivier Nakache & Eric Toledano
Si vous avez vécu les années 80, prenez un gros shoot de nostalgie avec le nouveau cru de Nakache & Toledano. La reconstitution de l’année 1985 est délirante. Le moindre détail caché à l’arrière-plan est un clin d’œil au monde d’il y a 40 ans. Comme à leur habitude, les deux acolytes signe un film qui fait rire et sait tirer les larmes quand il faut. Un film sur l’enfance. Sur la famille. Sur le vivre ensemble. Ce n’est pas la poilade de Nos jours heureux ni d’Intouchables, mais ça fait mouche !
Dans les bras de Brassens, de Corinne Calmels
Cela faisait une éternité que je n’étais pas retourné au Théâtre du Chien Blanc. La dernière fois, c’était pour un hommage à Barbara avec Les Barbarettes. Ce mois-ci, la compagnie les Amis de Monsieur rendait hommage à Georges Brassens, à travers la voix de trois femmes qui ont accompagné sa vie : Jeanne Planche (La Cane de Jeanne), Joha Heiman (Je me suis fait tout petit) et Patachou (J’ai rendez-vous avec vous). Un beau moment, accompagné en live à la guitare et au dessin par Arthur et Hugo Foucault.
Les femmes de Barbe-Bleue, de Lisa Guez
J’avais tellement aimé Psychodrame que j’étais impatient de voir le nouveau spectacle de Lisa Guez. Mêmes comédiennes au plateau. Cette fois, elles rejouent des scènes de la vie conjugale dominées par la violence d’un homme. Comme dans un cercle de paroles, les victimes de Barbe-Bleue revivent leur histoire avec cet homme aux multiples visages et décortiquent les formes que prennent les violences au sein du couple. Dans un élan de sororité, elles essaient aussi de trouver les mécanismes qui permettent de reprendre leur vie en main afin de ne plus être des victimes paralysées par la peur. Du théâtre comme on l’aime, sur un plateau nu, et des actrices qui jouent vraiment et défendent un propos.
Otello, de Giuseppe Verdi par Nicolas Joel
Une grande réussite que cette reprise du spectacle Otello, créé il y a de nombreuses années au Capitole. La nouvelle distribution est excellente. Et la musique… ! Je ne connaissais pas cet opéra de Verdi, mais je crois qu’il est devenu dès les premières notes mon nouvel opéra préféré de ce compositeur.
Noces de sang, de Federico García Lorca par l’Atelier de la Gare
L’Atelier de la Gare a totalement changé de registre après leur spectacle Le Jeu du Boulevard qui revisitait les codes du théâtre de vaudeville. En 2026, place à la tragédie avec Noces de Sang, qui mêle une fois encore – et plus que jamais – le théâtre à la danse. Bonne nouvelle : le spectacle est sélectionné au mois de mai au Festival Régional de Théâtre de Cahors. Ainsi, vous pourrez retrouver l’Atelier de la Gare sur la scène du théâtre de la ville de Cahors à 17h, le 14 mai prochain. Ne manquez pas ça et réservez ici !
Marie Stuart, de Friedrich von Schiller par Chloé Dabert
J’étais sorti mitigé du Firmament, de la même Chloé Dabert. Je n’ai pas été tellement convaincu par Marie Stuart, dont toute la première partie m’a paru terriblement ennuyeuse. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé : la salle s’est considérablement vidée pendant l’entracte. La deuxième partie était pourtant de meilleure facture, notamment l’affrontement entre les deux reines. Mais ça reste du théâtre bavard, statique et sans action… alors même si les costumes et la scénographies sont jolis, je suis resté sur ma faim.
Et vous, qu’avez-vous vu ou lu de beau ce mois-ci ?



