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3 billboards [CRITIQUE]

by Julien
three bilboards

Sept mois que la fille de Mildred a été violée et assassinée. La police locale, à défaut d’indices et de piste, semble avoir abandonné l’enquête. Cette inaction est insupportable pour Mildred qui décide de louer trois panneaux publicitaires à la sortie de la ville pour interpeler les autorités et les médias afin que les choses bougent. Mais cette démarche est loin de faire l’unanimité.

 

Des personnages forts, des dialogues coup-de-poing et beaucoup de violence, voilà les ingrédients de 3 billboards, les panneaux de la vengeance. Un film méchant sur l’Amérique profonde qui m’a laissé bien perplexe…

Les interprètes sont vraiment très marquants dans ce film et c’est en particulier Frances McDormand qui a tiré son épingle du jeu avec trois prix prestigieux de meilleure actrice : le Golden Globe, le British Academy Film Award et surtout l’Oscar ! Je dois bien avouer que je suis assez sceptique sur la légitimité de ces récompenses. Certes, la comédienne tient bien son rôle, mais il est d’une linéarité sans faille. En somme, elle reste invariablement taciturne 2 heures consécutives… un personnage peu intéressant et peu profond, pour celle qui a si souvent été mise en lumière par les frères Coen, qui lui ont offert des rôles autrement plus bluffant dans Fargo ou Burn after reading par exemple.

En revanche, Sam Rockwell est vraiment LE personnage intéressant du métrage. Flic raté, instable, looser borderline et frustré… Il donne de la profondeur et de l’humanité à un personnage qui n’a vraiment rien pour plaire. Lui aussi a été gratifié de prix d’interprétation mérités pour ce second rôle (je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il est dans la catégorie des seconds rôles, il m’a vraiment l’air de jouer un rôle principal dans ce film…).

Au final, je n’ai pas du tout compris de quoi parle ce film. Il n’y a pas de réflexion sur les crimes de sang-froid comme on pouvait en lire chez Truman Capote, ni d’analyse sur la justice et son inertie… La fin en queue-de-poisson se garde d’ailleurs de donner une once de sens à ce récit. Où veut-on en venir avec cette histoire de vengeance qui ne débouche sur rien ? Si vous avez compris, n’hésitez pas à m’éclairer dans les commentaires, car je suis totalement resté sur la touche.

 

 

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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4 comments

Mayra 16 avril 2018 - 11 h 50 min

A mon avis, il n’est pas trop évident peut-être mais il s’agit d’une certain libération des personnages : une femme oubliée avec sa souffrance, par toute la société et même par sa famille, et un flic frustré, ignoré qui prend le comportement indifférente jusqu’à sa chute, où 2 personnages (cette même femme détruite et son dernier patron suicidé) lui rappellent qu’il est vivant encore. Pour moi, c’est un question de dire “écoute moi tous ! Je suis vivant, j’ai quelque chose à dire ! J’avais une fois un rêve, une vie, une lumière que tout le monde a voulu éteindre mais je suis encore ici” (billboard peut faire allusion à ce grand cri). Et son les deux personages les plus pourri qui se sauvent mutuellement à la fin 🙂

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Julien 16 avril 2018 - 11 h 59 min

Merci pour cette analyse. 🙂 Pour la fin, je ne sais pas s’ils se sauvent ou si c’est un dernier sursaut avant la chute définitive (vu qu’on ne sait pas vraiment ce qu’ils feront au bout de leur course, la voie de la vengeance ou la voie du pardon).

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Yannick Lairs 6 mai 2018 - 2 h 37 min

A la fin, il m’a semblé comprendre qu’ils abandonnaient l’idée de se venger et continuer leur vie. Je pense que le parcours de Mildred dans le film, est plus comme un coup de pied dans une fourmilière, l’expression d’un ras-le-bol, d’une frustration, mais par nécessairement l’envie de tuer la fourmilière. Elle avait besoin de secouer les choses – ce qu’elle a fait – et, par suite logique, elle s’apprêtait à retrouver / tuer l’assassin, mais finalement, s’est arrêtée. Peut-être que ça n’était pas son but ultime, peu-être que son parcours l’a changée et qu’elle a trouver des réponses / du réconfort, assez pour ne pas tuer qqn?

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Julien 7 mai 2018 - 15 h 51 min

Oui, je vois bien le côté “coup de pied dans le fourmilière” dont tu parles, le film exprime assez bien ce sentiment ! En revanche je n’ai pas ressenti le côté “réponses” ou “réconfort” dont tu parles à la fin… J’y vois éventuellement une réconciliation avec le “flic raté”. Il me manque vraiment une scène, ou un épilogue, pour dégager un sens plus clair…

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