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Otello, actuellement au Capitole

by Julien
Otello Verdi Capitole Toulouse Nicolas Joel © Culture déconfiture

Samedi dernier, j’ai eu la chance d’assister à la générale d’Otello de Giuseppe Verdi. L’opéra est actuellement à l’affiche du Théâtre du Capitole jusqu’au 26 avril. Décidément, rares sont les saisons sans Verdi à Toulouse : après Nabucco en 2024 et La Traviata en 2023, le compositeur italien continue d’occuper une place de choix dans la programmation.

Otello : une reprise solide

Cette production, mise en scène à l’origine par Nicolas Joël (2001) et reprise ici par Émilie Delbée, n’a rien perdu de son efficacité après plus de vingt ans. Elle propose une lecture claire de l’œuvre, sans chercher à rivaliser avec les relectures contemporaines les plus radicales, mais en restant fidèle à l’intensité dramatique de la partition.

Dans le rôle-titre, Michael Fabiano impressionne. Plus encore que par ses qualités vocales, c’est par la justesse de son incarnation qu’il marque. Otello est un personnage d’excès, traversé par des élans violents et contradictoires, et le ténor parvient à en restituer toute la complexité psychologique avec une grande maîtrise.

À ses côtés, Adriana Gonzales livre une Desdémone lumineuse, particulièrement touchante dans les duos amoureux, parmi les plus beaux moments de la soirée.

Shakespeare en filigrane

Bien sûr, le livret d’Arrigo Boito n’atteint pas toujours la finesse de William Shakespeare dont il s’est inspiré. On garde en mémoire la mise en scène récente de la pièce par Dominique Pitoiset, qui poussait très loin les ressorts du machiavélisme et de la manipulation. Si j’ai aimé la voix du baryton Nikoloz Lagvilava dans le rôle de Iago, il faut néanmoins admettre qu’il est difficile, à l’opéra, de retrouver la précision psychologique d’une pièce shakespearienne. Mais cette version lyrique compense autrement, notamment par la puissance de la musique.

Dès le premier acte, le spectacle frappe fort : pas de prélude, mais une entrée brutale dans l’action, avec un déferlement vocal allegro agitato porté par un glissando de cordes fulgurant. Pendant plus de trente minutes qui constituent l’acte I, le public reste littéralement scotché au fond de son fauteuil, suspendu à ce tourbillon sonore.

Une redécouverte à ne pas manquer

Entre intensité dramatique, belles performances et moments de grâce musicale, cet Otello constitue une belle occasion de (re)découvrir l’un des sommets de Giuseppe Verdi. Une proposition solide et prenante, à ne pas manquer avant la fin des représentations.

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