Septembre, ça a été pour moi le mois des « re- ». J’ai relu, j’ai revu. Et j’ai re-aimé. Il y a eu de la musique avec le 47e Festival de piano aux Jacobins (rendez-vous incontournable de la rentrée pour tout Toulousain mélomane qui se respecte), mais aussi des spectacles jouissifs à l’opéra et au théâtre qui donnent le ton de la nouvelle saison. Bref, c’est l’heure du bilan culturel de septembre !
Rusalka, d’Antonín Dvořák mis en scène par Stefano Poda
Vu 2 fois en 2022, je ne voulais pas manquer cette reprise de l’opéra qui m’a le plus subjugué ces dernières années. La proposition de Poda est toujours aussi féerique, avec sa scène liquide et ses interprètes qui chantent du feu de Dieu. Le public ne s’y est pas trompé : toutes les dates ont affiché complet. Un succès mérité.
Qui som ? de Baro d’evel
Quand Baro d’evel passe à Toulouse, on y va. Je ne veux rien savoir : si vous n’avez toujours pas vu de spectacle de cette compagnie franco-catalane, vous n’avez aucune excuse. Qui som ? avait été présenté une première fois en 2024, puis nous l’avions revu lors de la saison 2025. Cette année, le spectacle faisait l’ouverture de la programmation. Un immense succès, encore renouvelé. Et pour moi, un plaisir intact, comme si je revoyais le spectacle pour la première fois (alors que c’était la troisième).
Anna Petrova-Forster aux Jacobins
La pianiste avait choisi de rendre hommage à Jan Václav Voříšek & Franz Schubert. Une proposition érudite et sérieuse, mais qui a néanmoins manqué un peu d’émotion dans son exécution. Merci à la musicienne pour les nombreuses explications qu’elle a apportées sur Jan Václav Voříšek que je ne connaissais pas mais à qui Schubert doit beaucoup.
Pianip-Pianop
Entre concert et spectacle de danse, Pierre Rigal, Brice Mvie et Constant Despres ont fait équipe pour nous faire redécouvrir un beau programme allant de Ravel à Cage, avec humour mais aussi beaucoup de poésie. J’adore quand on décloisonne les arts, et ces trois-là l’ont fait à merveille !

Ignasi Cambra aux Jacobins
Le programme proposait une belle traversée de l’histoire de la sensibilité pianistique : Mozart, Grieg & Schubert (avec Scarlatti en guise de rappel). Ce qui frappe surtout chez Ignasi Cambra – outre sa générosité sur scène –, c’est la densité poétique de son jeu. Les nuances sont d’une grande finesse, les silences semblent avoir autant d’importance que les notes & chaque phrase paraît pensée comme une respiration. Et dans l’écrin merveilleux de la salle capitulaire du couvent des Jacobins, cette qualité d’écoute a pris une dimension particulière. La proximité avec le pianiste, l’acoustique du lieu et la concentration presque palpable du public ont créé une atmosphère propice à une écoute particulièrement intime. Enfin, ça c’était surtout quand quelques malotrus n’avaient pas oublié d’éteindre leurs téléphones portables…
Les Guerres de Lucas, de Renaud Roche et Laurent Hopman
Une BD pour vulgariser les origines de Starwars… une proposition divertissante remplie d’anecdotes, mais franchement pas la lecture du siècle. Pour une œuvre qui rend hommage à l’originalité de la saga de Georges Lucas (notamment en ce qui concerne sa narration et son montage), Renaud Roche & Laurent Hopman ont fait une proposition on-ne-peut-plus classique. Un travail de fan sympa mais qui ne casse pas trois pattes à un canard boiteux.
Requiem, d’Hanoch Levin
J’adore cet auteur israélien (j’ai d’ailleurs joué l’une de ses pièces dans mes jeunes années, la géniale pièce Kroum l’ectoplasme). En faisant des recherches sur le thème des vivants blessés, je me suis replongé dans sa pièce Requiem, que j’avais découverte en février 2015 au Théâtre de la Manufacture (à Nancy) mis en scène par Cécile Backès. Levin y reprend 3 nouvelles de Tchekhov et en fait une sorte de tresse autour de la mort, mais surtout autour de ceux qui restent : la mère dont le bébé a été ébouillanté par des femmes jalouses, le vieux qui voit mourir sa vieille, le cocher qui doit supporter les conversations de ses passagers et ne veulent pas entendre que son fils est mort… Comme toujours chez Levin, tout cela sonne très, très juste.
Yerma, de Federico García Lorca
Comme souvent chez Lorca, la pièce se déroule dans un environnement rural de l’aride Andalousie. Une paysanne nommée Yerma mène une vie de frustration et d’ennui : elle passe ses journées chez elle en attendant désespérément de tomber enceinte. Stérile, elle ne peut pas attendre de consolation de la part de son mari Juan, qui est un homme travailleur mais insensible à sa souffrance et qui ne souhaite pas réellement avoir d’enfants. Soupçonnant Yerma de vouloir le tromper pour avoir un enfant, Juan demande à deux de ses sœurs de venir habiter chez eux pour la surveiller. Peu à peu, la tragédie se referme sur Yerma. Une belle pièce dans la veine de La Maison de Bernarda Alba et bien entendu Noces de sang.
Et vous, qu’avez-vous vu et lu en ce mois de rentrée culturelle ?







