Joyeux Halloween à tous ! En ce jour maléfique, nous vous proposons une petite rétrospective sur les spectacles, concerts et autres curiosités culturelles découvertes pendant le mois d’octobre 2026. On passe au crible 9 objets culturels vus et lus ce mois-ci. C’est parti pour l’antépénultième bilan de l’année.
Primetime, de Lance Oppenheim
Primetime est le nouveau film avec Robert Pattinson. Un acteur que j’aime beaucoup. J’ai adoré ses performances dans The Drama et dans Mickey 17. J’ai été moins convaincu par sa prestation dans L’Odyssey (mais je trouve depuis belle lurette que Nolan est très mauvais dans la direction d’acteurs, même quand on lui donne la meilleure distribution).
Primetime nous raconte l’histoire d’un programme américain que je ne connaissais pas, qui a manifestement cartonné au début des années 2000 et dont l’objectif était de concurrencer la série Lost, qui avait été un phénomène à la même époque. Le programme en question, c’est To Catch a Predator, une téléréalité dont le but est d’attirer un pédophile dans un guêt-apens et de le piéger en direct à la télévision, avec arrestation à la clé et mise au pilori sur tous les écrans américains.
Primetime propose de suivre le concepteur du projet (incarné par Pattinson), ainsi qu’un apprenti comédien (Skyler Gisondo) à l’apparence suffisamment juvénile pour jouer les appâts.
Si le film est irréprochable en terme de jeu d’acteur, de montage et de mise en scène, il ne m’a étonnamment laissé aucune impression durable. J’ai été captivé en le voyant, mais je suis ressorti en me disant que très bientôt je n’en aurai retenu aucune image, aucune séquence… Une sensation très étrange, car objectivement le film est vraiment bien fait et Pattinson est excellent.
Le Roi du Game, d’Éric Judor
Pour retrouver sa fille qui s’est lancée dans un jeu de rôle GN (comprenez « Grandeur Nature »), Alexandre rejoint un campement médiéval-fantastique et infiltre un groupe de joueurs qui incarnent une troupe d’elfes (de véritables bras cassés). C’est bête à souhait, exactement le genre de comédie qui nous fait marrer sur Culture déconfiture, même si le film n’a pas le potentiel pour devenir culte comme d’autres métrages d’Éric Judor. Et puis ça faisait très longtemps que l’on n’avait pas vu Marc Labrèche sur grand écran, et ça c’est un régal qu’il ne faut absolument pas se refuser.
Karaoké, avec Raphaël
Au début de son spectacle, Raphaël confesse à son IA qu’il voudrait proposer un show dont les spectateurs se souviennent toute leur vie. L’IA lui propose alors 2 alternatives : s’immoler par le feu sur scène, ou bien faire un karaoké avec le public. Raphaël choisit la deuxième option, sachant que la première m’aurait paru nettement plus mémorable (quoique peu reproductible pour une tournée qui dure depusis un an).
La chanteur alterne entre ses propres chansons totalement ré-arrangées (au point parfois de ne plus être sûr de bien reconnaître la mélodie initiale) et des reprises plus ou moins heureuses, de Talk Talk (Such a Shame) à David Bowie (Let’s Dance). J’ai ainsi découvert que la chanson de Zaz Éblouie par la nuit était en fait écrite et composée par Raphaël, dont il a proposé là aussi une réorchestration étonnante.
Bref, contrairement à son objectif initial, je ne suis pas sûr que cette soirée sera inoubliable. J’ai largement préféré le Seul en scène de Stéphane Eicher proposé au Théâtre de la Cité un an plus tôt, au cours duquel le chanteur suisse revisitait aussi son propre répertoire. La mise en scène intelligente de François Gremaud y était sans doute pour beaucoup.
Les deux orphelines, d’Adolphe Ennery par le Théâtre de Zélie
Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu de mélodrame. Avec sa distribution nombreuse et son excellent guitariste, le Théâtre de Zélie s’est emparé avec brio de ce genre (devenu extrêmement rare) lors du 10e Festival des Automnales à Valence-sur-Baïse. Du chant, du théâtre et même de la vidéo pour raconter l’histoire de deux orphelines, exploitées dans un XIXe siècle ressuscité, notamment grâce à un travail de costume exceptionnel pour une compagnie de théâtre amateur.
1, 2, 3 Poquelin, d’après Molière par tg STAN
Les puristes ou autres amateurs de diction parfaite et de fidélité absolue au texte risquent de grincer des dents. Mais pour peu que l’on accepte de lâcher prise, 1, 2, 3 Poquelin devient un formidable terrain de jeu, où Molière sert moins de monument littéraire que de prétexte à une joyeuse aventure collective. C’est généreux, bordélique, drôle et terriblement communicatif. Bref, un spectacle jouissif, qui donne envie de remonter sur les planches et de rappeler aux metteurs en scène qui cherchent à réinventer le théâtre que, parfois, il suffit de quelques tréteaux, de bons comédiens et d’un texte de Molière pour que la magie opère.
Chimæra, de Claire Gimatt au Bijou
Cela faisait quelques années je n’étais pas aller écouter Claire Gimatt en concert, qui est l’une des plus belles voix toulousaines de ces dernières années. Mais à l’occasion de la sortie prochaine de son nouvel album Chimæra, je suis allé découvrir ses nouveaux titres au Bijou. Et une fois encore, Claire Gimatt m’a ensorcelé. Ses nouvelles chansons sont un peu plus électro, ce qui n’est vraiment pas pour me déplaire sur le plan musical. J’ai hâte d’aller la réentendre (au Métronum le 17 mars 2027) afin de me laisser emporter par la transe qu’inspirent ses compositions. On va guetter la sortie de Chimæra avec beaucoup d’attention, et on en reparlera sur le blog !
Maîtres américains, par le Ballet du Capitole
Le Capitole ressuscite les chorégraphies de deux grands noms de la danse : George Balanchine (Les Quatre Tempéraments) et Peter Martins (Fearful Symmetries). Un ballet qui alterne le froid et le chaud, avec la pureté du ballet de Balanchine baigné dans une lumière bleue puis Fearful Symmetries, plus rapide, plus dynamique, avec ses tons rouges et ses costumes façon pantone.
Pink Martini
Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour (re)voir Pink Martini ? Comme il n’y avait plus de places pour assister à leur concert à Toulouse, j’ai pris la route direction Bordeaux puisqu’ils se produisaient au Théâtre Femina.
Franchement, imaginez-vous un concert de Muse sans Matthew Bellamy ou de Coldplay sans Chris Martin ? Ce serait totalement impensable. Eh bien Pink Martini réussit ce challenge de faire une tournée sans China Forbes sans perdre son identité ni sa puissance fédératrice. Avec Storm Large qui devient temporairement la chanteuse principale du groupe, on a encore passé une soirée qui restera très longtemps dans nos souvenirs !
La Part des ténèbres, de Stephen King
Plusieurs années après l’avoir reçu en cadeau d’anniversaire de la part de Charlotte, je me suis enfin plongé dans l’un des grands romans de Stephen King, La Part des Ténèbres. Thad Beaumont et son pseudonyme George Stark n’ont fait qu’un pendant 12 ans. Jusqu’au jour où l’écrivain décide d’écrire sous son vrai nom et de « tuer » son double littéraire.
« Écrire sous un pseudonyme, c’était comme devenir invisible », ajoute-t-il finalement, une pointe d’hésitation dans la voix. « Plus je jouais avec cette idée, plus je… plus j’avais l’impression… que je me réinventais moi-même. »
Stephen King, La Part des ténèbres, Le livre de Poche, p. 46
Mais quand on a signé des thrillers ultraviolents qui nous ont rendu riche et célèbre, l’opération peut s’avérer plus compliquée que prévu… car George Stark, lui, n’avait pas spécialement prévu d’interrompre sa carrière.
Thad saisit l’un des crayons, regarda les légères empreintes de dents qui marquaient le fût de bois, et le laissa retomber dans le pot, où il produisit un petit clic !
« Ma moitié de ténèbres », dit-il tout bas.
Mais Georges Stark était-il cela ? Avait-il jamais été lui ?
Stephen King, La Part des ténèbres, Le livre de Poche, p. 426
Quel droit Beaumont avait-il d’avoir des enfants ? Une jolie femme ? Quel droit avait au juste Thad Beaumont de vivre dans la lumière et d’être heureux tandis que son frère des ténèbres – lequel l’avait rendu riche et célèbre alors qu’il aurait dû vivre pauvre et mourir obscur – crevait dans la nuit comme un corniaud malade dans une contre-allée ?
Stephen King, La Part des ténèbres, Le livre de Poche, p. 541
Ce livre, je le connaissais bien même avant de l’avoir lu, car j’avais été très marqué dans mon enfance par son adaptation par George A. Romero (à une époque où je n’avais clairement pas l’âge pour ce genre de film). Les 756 pages de ce thriller sont un vrai régal, comme tous les bouquins de King que j’ai lus jusqu’à présent. Les références explicites à Daphné du Maurier (Les Oiseaux) et Shane Stevens (Dead City) apportent de la densité à l’univers de ce roman.
Personne n’a jamais vu un tel vol d’oiseau depuis des années. Pas depuis l’extermination des pigeons voyageurs, à la fin du siècle dernier… et encore. On dirait quelque chose sorti tout droit de ce bouquin de Daphné du Maurier.
Stephen King, La Part des ténèbres, Le livre de Poche, p. 685
Si ça vous intéresse d’en savoir plus, Charlotte y a consacré un article complet sur le blog.
La Part des ténèbres est le deuxième roman de King que je lis ce trimestre, après Jessie dont je vous ai parlé récemment. Des valeurs sûres !
Et vous, qu’avez-vous vu et lu ce mois-ci ?




