Il y a des musées qui vous réconcilient avec l’art, d’autres qui vous confortent dans vos convictions. Le Guggenheim de New York appartient malheureusement à la seconde catégorie. Enfin, malheureusement… tout dépend du point de vue ! Car si le bâtiment imaginé par Frank Lloyd Wright mérite incontestablement le détour, son contenu m’a surtout donné envie de prendre la sortie. La célèbre spirale blanche, ses courbes audacieuses et son architecture spectaculaire constituent à elles seules une expérience. On monte, on descend, on regarde les perspectives, on admire la prouesse architecturale : jusque-là, tout va bien. C’est ensuite que les choses se compliquent. L’art contemporain et moi, nous entretenons déjà des relations pour le moins distantes, et cette visite n’aura certainement pas contribué à arranger nos affaires. Là où certains visiteurs s’extasient devant des propositions artistiques audacieuses, je peine parfois à dépasser une question très simple : mais qu’est-ce que je suis censé admirer, exactement ?
Car il ne s’agit évidemment pas de prétendre que tout ce qui ne me plaît pas est dépourvu d’intérêt. L’art peut déranger, interroger, déstabiliser, et c’est même parfois sa raison d’être. Mais encore faut-il que quelque chose se produise dans la rencontre entre l’œuvre et le spectateur. Or, au Guggenheim, si le contenant m’a séduit, le contenu m’a trop souvent laissé à distance. Une frustration d’autant plus grande que le lieu possède une identité architecturale si forte qu’il aurait presque pu suffire à mon bonheur. Le Guggenheim de Bilbao, lui, avait su associer des collections captivantes à une architecture audacieuse.
Comme dans les articles précédents consacrés aux musées américains, voici une (toute petite) sélection d’œuvres qui m’ont néanmoins tapé dans l’œil.
Vasily Kandinsky, Lion Hunt, 1911
Daniel Gordon, Still Life with Fish and Forsythia, 2013
Henri Rousseau, The Football Players, 1908
Farah Al Qasimi, Woman in Leopard Print, 2019
Au fond, le Guggenheim aura au moins eu le mérite de confirmer une chose : on peut être sensible à l’audace architecturale sans être réceptif à toutes les audaces artistiques. Et si le musée m’a donné envie de contempler ses courbes plutôt que ses œuvres, c’est peut-être que Frank Lloyd Wright a finalement remporté la partie.





