Vous connaissez ma passion pour la série The Gilded Age. Alors forcément, en passant une partie de l’été sur la côte est des USA, j’avais très envie de faire un petit crochet par Rhode Island afin de voir Newport de mes propres yeux et, pourquoi pas, visiter les villas totalement folles des années 1865-1901. Justement, une association de conservation du patrimoine propose depuis plusieurs années des visites des plus impressionnantes villas de Newport. N’ayant pas un budget illimité, j’ai jeté mon dévolu sur deux d’entre elles : The Breakers et Marble House.
The Breakers
Newport est à New York ce que Deauville est à Paris. Un lieu de villégiature, qui était particulièrement prisé au XIXe siècle. C’est à cette époque que les plus grandes fortunes de la Côte est ont fait bâtir leurs délirantes maisons d’été.
Face à The Breakers, on pourrait presque croire à un décor de cinéma imaginé pour représenter la fortune américaine à son paroxysme. Et pourtant, cette démesure était bien réelle. Construit entre 1893 et 1895 pour Cornelius Vanderbilt II et son épouse Alice, le palais est l’œuvre de l’architecte Richard Morris Hunt. Pensé comme une résidence d’été, il devait offrir à l’une des familles les plus riches d’Amérique un cadre digne de son statut. Après l’incendie de leur précédente maison en bois, les Vanderbilt exigèrent notamment une construction beaucoup plus résistante au feu, avec acier, brique et pierre. Mais la technique n’empêcha évidemment pas le luxe : marbres, mosaïques, boiseries, œuvres décoratives et mobilier composent un décor qui donne parfois l’impression que le mot « extravagant » a été inventé pour lui.
The Breakers est finalement un extraordinaire témoignage du Gilded Age : une époque où certaines fortunes semblaient tellement considérables qu’elles pouvaient transformer un simple « cottage » en véritable palais.
Marble House
Si The Breakers représente le triomphe de la démesure, Marble House pourrait être son petit frère particulièrement ambitieux. Construit entre 1888 et 1892 pour William K. Vanderbilt et son épouse Alva, le bâtiment fut conçu par Richard Morris Hunt comme une spectaculaire résidence estivale. Son nom n’est pas franchement trompeur : quelque 15 000 mètres cubes de marbre auraient été utilisés pour sa construction, dans une entreprise qui aurait coûté environ 11 millions de dollars selon les estimations rapportées à l’époque.
Mais Marble House est surtout intéressant parce qu’il raconte aussi l’histoire d’Alva Vanderbilt. Femme de pouvoir, mondaine et militante du droit de vote des femmes, elle transforma notamment le domaine en lieu de rassemblement politique. J’ai adoré voir son vaisselier dans l’arrière-cuisine de la maison, où l’on voit que son militantisme allait jusqu’à son service de table.
Elle fit construire une spectaculaire maison de thé chinoise au bord de l’océan, où furent organisées des réunions en faveur du suffrage féminin. Derrière les dorures et le marbre apparaît donc une personnalité beaucoup plus complexe que la simple milliardaire mondaine. Et c’est ce qui rend la visite particulièrement savoureuse.
Les villas extravagantes sont bien plus nombreuses à Newport. Mais vous l’avez compris, tout visiter aurait nécessité un séjour sur place bien plus long (et un budget conséquent pour payer chaque droit de visite). Néanmoins, la découverte de The Breakers et de Marble House m’a donné un bon aperçu du Gilded Age.
Si un jour vous passez par Newport (Rhode Island), n’hésitez pas à entrer dans l’une de ces villas.






