Avec Les Guerres de Lucas, on remonte aux origines artistiques de George Lucas, bien avant que son nom ne devienne indissociable de Star Wars. Ce premier tome revient sur son enfance, ses premières influences, ses expériences de jeunesse, ses débuts au cinéma, puis la longue et mouvementée gestation de ce qui deviendra Un nouvel espoir. Pour les amateurs de la saga, le parcours est évidemment truffé de petites anecdotes et de références à savourer.
Les Guerres de Lucas : une biographie très classique
La BD adopte une construction biographique extrêmement conventionnelle. On déroule chronologiquement : l’enfance et les références qui vont nourrir l’imaginaire de Lucas, les accidents et événements qui marquent sa jeunesse, les premiers courts-métrages, les rencontres, les premiers succès, puis les déboires avec la Fox et les difficultés rencontrées autour de Star Wars. Le tout est agréable à lire, mais rarement surprenant dans sa manière de raconter.
Les anecdotes de tournage d’Un nouvel espoir constituent sans doute la partie la plus amusante : on retrouve Lucas confronté aux doutes des producteurs, aux problèmes techniques et à une équipe qui ne semble pas toujours croire à son étrange film de science-fiction. Pour qui connaît déjà l’histoire, on apprend finalement assez peu de choses.
Mais quelque chose cloche dans cette histoire…
C’est surtout la question de la genèse de Star Wars qui m’a laissé perplexe. La BD montre un scénario réécrit encore et encore, avec des versions parfois très éloignées les unes des autres. Et plus on avance, plus une question devient difficile à évacuer : quand Lucas a-t-il réellement décidé que son film serait l’épisode IV d’une gigantesque saga ?
On nous a beaucoup raconté que Lucas avait déjà en tête ses deux trilogies lorsqu’il tournait Un nouvel espoir. Or ce que raconte cette BD donne plutôt l’impression inverse. Les différentes versions du scénario ressemblent à la construction progressive d’un film de science-fiction qui doit d’abord fonctionner par lui-même.
Plus troublant encore : les origines de Luke et de Leia, qui seront au cœur de la première trilogie racontée a posteriori, ne semblent pas réellement pensées à ce moment-là. L’impression est donc davantage celle d’un univers qui s’est considérablement développé après coup que celle d’une saga de neuf épisodes patiemment élaborée dès les années 1970.
Et j’aurais aimé que la BD s’empare franchement de cette contradiction au lieu de simplement la laisser apparaître.
Pour les mordus, surtout
C’est finalement là que se situe l’intérêt des Guerres de Lucas. Si vous êtes un mordu de Star Wars, vous y trouverez quantité de petits détails, de clins d’œil et d’anecdotes sur la fabrication du premier film. Pour les autres, la lecture risque de sembler beaucoup plus dispensable.
Car en tant que bande dessinée, l’œuvre reste très conventionnelle : dessin efficace, narration chronologique, personnages et situations facilement identifiables… Rien de franchement audacieux dans la forme.
Bref, Les Guerres de Lucas raconte plutôt bien comment George Lucas est devenu George Lucas. Mais j’aurais aimé que la BD soit aussi inventive que le cinéma qu’elle raconte. Cela dit, si l’univers de Star Wars est votre dada, on vous donne rendez-vous jeudi 24 septembre 2026 au Zénith de Toulouse pour redécouvrir L’Empire contre-attaque en version ciné-concert avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. Certainement un grand moment de cinéma et surtout de musique !


