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Juste la fin du monde

by Julien

Quelle rentrée cinéma ! Après Le fils de Jean et Divines, un troisième film vient d’enchanter mon mois de septembre. Il s’agit du dernier long-métrage de Xavier Dolan, Juste la fin du monde.

 

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Ce film est l’adaptation d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, un dramaturge mort précocement à la fin du XXe siècle, âgé seulement de 38 ans. Cette pièce résonne comme un testament puisque son personnage principal, Louis, est précisément un auteur de théâtre qui revient dans sa famille après douze ans d’absence pour annoncer sa mort. Là, je ne vous dévoile rien, puisque le prologue de la pièce comme celui du film consistent justement à nous présenter les intentions de ce héros.

Le film est donc construit comme un huis-clos dans la demeure familiale. La situation : un dimanche de retrouvailles par un été de canicule. Les personnages : la mère (Nathalie Baye), la sœur (Léa Seydoux), le frère (Vincent Cassel), la femme du frère (Marion Cotillard) et Louis (Gaspard Ulliel).

 

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Catherine (Marion Cotillard) et Antoine (Vincent Cassel)

 

S’il y a un talent qu’il faut reconnaître à Xavier Dolan, c’est sa faculté à diriger ses acteurs et leur faire livrer le meilleur d’eux-mêmes. Nathalie Baye, qui m’avait un peu déçu dans le récent Moka, est ici d’une grande justesse dans le rôle d’une mère qui ne sait plus comment exprimer son amour et souder sa famille. Léa Seydoux et Marion Cotillard sont également très crédibles et émouvantes, malgré le fort potentiel urticant qui les caractérise d’ordinaire.

Le seul reproche que l’on peut faire au casting finalement, c’est le manque de ressemblance physique pour des personnages qui sont censés être de la même famille… Peut-être est-ce une volonté du réalisateur, qui a souhaité marquer le fossé qui séparait ces individus à travers des physiques absolument dissemblables. Personnellement, cela m’a un peu gêné…

 

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La mère (Nathalie Baye) et Louis (Gaspard Ulliel)

 

Ce que j’aime beaucoup dans le cinéma de Xavier Dolan et dans ce film en particulier, c’est sa tendance à ranimer de vieux tubes, ou à faire des pauses musicales entre les séquences (presque des clips insérés dans l’histoire). J’ai particulièrement adoré le générique sur Home Is Where It Hurts de Camille, ou le cours d’aérobic mêlé de souvenirs d’enfance sur Dragostea din tei des inoubliables roumains d’O-Zone ! (nu ma, nu ma, iei ! nu ma, nu ma, nu ma, iei !)

 

Bref, je vous recommande d’aller voir ce film fort en émotions qui a reçu le Prix du Jury lors du dernier festival de Cannes, et vous invite à revenir ensuite ici nous dire ce que vous en aurez pensé !

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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3 comments

augier 22 septembre 2016 - 18 h 25 min

le jeu des acteurs est très fort et subtil, les gros plans expriment bien les sentiments et les non dit avec ce malaise et cette souffrance qui les caractérise, c’est un huis clos que je recommande car il nous bouleverse du début a la fin sur la frustration et le déni qu’il peut y avoir dans certaine famille

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Corentine 25 février 2017 - 11 h 20 min

J’ai vu ce film récemment et il m’a bluffée, j’étais scotchée, la gorge nouée par tant d’exactitude dans l’émotion.
Les acteurs s’effacent pour laisser parler leur personnage. Mention spéciale à Marion Cotillard (que je ne porte pas dans mon cœur) qui s’est fait oublier. Les jeux de regards sont splendides, les silences sont poignants, et Gaspard Ulliel m’a éblouie.
Un gros coup de cœur 🙂

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Julien 25 février 2017 - 12 h 29 min

Je suis tout à fait d’accord avec cette appréciation et la mention pour Marion Cotillard qui n’est pas toujours aussi subtile (elle m’avait quand même bluffé dans “De rouille et d’os”). Trois CESAR mérités !

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