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Été 2025, le bilan culturel

by Julien
Bilan culturel été 2024

Comme chaque été, on vous propose un petit condensé de tout ce qu’on a vu et lu en juillet et en août. Au programme cette année, quelques nanars qui ont cartonné (ou pas) au cinéma, des lectures-plaisir et des lectures « scolaires », et beaucoup moins de spectacle que pendant l’année. C’est parti pour le bilan culturel de l’été 2025.

cinema

Horreur ! Malheur ! Était-il bien nécessaire d’ajouter un nouvel opus à la saga après Jurassic World 3 ? Ce nouvel épisode est certainement la pire purge qu’on ait vu au cinéma depuis bien longtemps. Même le casting prometteur ne parvient pas à sauver ce nanar. Et franchement, avait-on besoin de rajouter des dinosaures mutants à cette série de films ? On n’avait rien vu d’aussi moche depuis le newborn d’Alien 4. Scarlett Johansson campe une mercenaire décérébrée qui fait penser à une Lara Croft de chez Wish et Jonathan Bailey, révélé dans La chronique des Bridgerton, est juste la potiche de service… On peut y voir une inversion des rôles par rapport aux duo précédent Bryce Dallas Howard / Chris Pratt, mais cela suffit-il à en faire un bon tandem ? Pas vraiment… Je croyais jusqu’à présent que Jurassic World 1 était le pire hommage que l’on pouvait rendre au génial Jurassic Park de Spielberg… et bien ce JW4 me fait réviser mon jugement.


Je n’ai jamais été déçu par les films de Danny Boyle, quel que soit le genre auquel il se soit frotté. Comme beaucoup, j’ai adoré Slumdog Millionaire, 127 heures, Petits meurtres entre amis, et je vous avais parlé avec enthousiasme de Yesterday. Cet été, il était de retour avec une suite pas forcément attendue, celle du film 28 jours plus tard qu’il avait réalisé en 2002. Les films ne sont pas vraiment connectés, ce ne sont pas les mêmes personnages ni la même intrigue. On reprend simplement le principe de base : l’Angleterre est décimée par un virus qui change la population en zombies contagieux et agressifs. À l’époque, le premier film avait révélé Cillian Murphy (qui a cartonné depuis dans Oppenheimer). Cette fois-ci, les protagonistes sont incarnés par Aaron Taylor Johnson et Jodie Comer (que j’ai adorée dans Killing Eve et Le dernier duel) ainsi que Ralph Fiennes dans la dernière partie du film. Le film est très intéressant esthétiquement. L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard boiteux, mais ce n’est pas ce que l’on recherche quand on regarde 28 ans plus tard. Je n’ai pas vu le temps passer, même si j’ai trouvé certaines idées un peu grotesques (la catégorisation des zombies en très-méchant, moyen-méchant et presque-inoffensif… le fait de savoir qu’une zombinette peut tomber enceinte et accoucher… l’invraisemblable survivance d’un médecin humaniste seul pendant 28 ans en milieu hostile…). Mais les scènes d’action sont prenantes et pour le coup on n’a pas la sensation de voir une resucée des épisodes précédents.

Je suis en revanche un peu plus sceptique sur le projet de suite déjà en cours, puisqu’un 28 ans plus tard II : The Bone Temple est d’ores et déjà annoncé pour le mois de janvier 2026 (réalisé par Nia DaCosta et avec Alex Garland aux commandes pour le scénario, mais son Civil War m’avait vraiment déplu… alors l’idée qu’il y ait encore une suite à la franchise 28 jours ne me fait pas franchement rêver). Et vous, qu’en pensez-vous ?


On a lu tout et son contraire à propos de ce nouvel opus de Superman. Il faut dire que c’est l’un des superhéros les plus repris à l’écran depuis 1948, et il y a plusieurs écoles. Pour ma part, je fais partie de la génération qui a connu ce héros à travers la série des années 90, Loïs et Clark : Les nouvelles aventures de Superman. Alors forcément, je n’ai pas beaucoup accroché aux dernières versions en date signées Zack Snyder, qui a voulu donner une tonalité plus sombre et plus adulte au personnage. Ce fut donc plutôt une bonne nouvelle pour moi d’apprendre que James Gunn reprenait le flambeau en 2025, puisque j’adore le travail qu’il a fait avec Les Gardiens de la Galaxie pour les studios Marvel.

Le point fort du film : c’est feel good. Enfin ! On renoue avec le Superman solaire qu’on aimait dans notre enfance. On retrouve enfin un format digeste (2 heures) et surtout on note la présence de Krypto, la version canine de Superman qui plaira forcément aux enfants.

Côté scénario, c’est passablement débile et sans intérêt. Pas beaucoup d’émotion et encore moins de réflexion, mais une morale digne du personnage : être gentil, c’est bien ; être méchant, c’est mal.

Contrairement aux aventures des Gardiens de la Galaxie, on n’est pas particulièrement impatients de découvrir la suite des aventures de ce personnage et de ses acolytes, aux looks amusants mais ridicules. Est-ce un mauvais film ? Pas vraiment. Est-ce un bon film ? Certainement pas non plus. À regarder pour le divertissement avec des enfants, il y a néanmoins de quoi passer un bon moment.


Dans les années 90, je regardais tous les slashers qui étaient à la mode. Mode qui fut notamment amplifiée par la sortie de Scream en 1996, suivi de tout près par Souviens toi… l’été dernier en 1997. Alors forcément, quand la saga Scream a été relancée en 2022 et Souviens toi… l’été dernier cette année, je ne pouvais pas manquer le rendez-vous. Évidemment, ces films jouent sur la nostalgie, notamment avec le retour à l’écran des stars du premier opus, Jennifer Love Hewitt & Freddie Prinze Jr. dont on avait oublié qu’ils eussent existé un jour, tant ils ont disparu des radars au cours des vingt dernières années.

Le nouvel épisode est totalement dans la veine du tout premier. Même structure, même archétypes de personnages, mêmes effets de jump scare. Ce n’est toujours pas du bon cinéma, mais ça fonctionne toujours quand on le prend pour ce que c’est : un divertissement pur et dur, sans prétention et avec de gros sabots.

Vite vu, vite oublié… mais on ne s’attendait pas à autre chose, donc on accepte.


spectacle

Pour bien commencer l’été, je suis allé voir ce spectacle gratuit à l’Espace Bonnefoy, qui inaugurait la tournée pyrénéenne de la compagnie MégaSuperThéâtre. Les artistes se sont emparés du roman de René Daumal Le Mont analogue et en ont fait un superbe spectacle en plein air, qui a ensuite tourné tout l’été dans les Pyrénées. La compagnie proposera une autre adaptation de ce livre de René Daumal en mai 2026 au Théâtre de la Cité, sous le titre Le Grand vertige – Conte musical pour adultes. On a déjà hâte !

Montanhar © Grégory Rossi
Montanhar © Grégory Rossi

Quel plaisir d’assister aux différents concerts de la quatrième édition du Festival de Toulouse. On a commencé les festivités avec Henri Demarquette & Philippe Mouratoglou, qui nous ont emmenés de Buenos Aires à Rio sur un air de guitare et de piano. Puis, nous avons revisité le 7ème art avec les Leleu Brothers à la trompette et au tuba. Enfin, le festival s’est achevé en apothéose avec le concert d’Arthur H accompagné par l’Orchestre National du Capitole. Un grand moment de musique. Vivement l’édition 2026 de ce festival toulousain !

Arthur H Symphonique 11 juillet 2025 © Culture déconfiture
Arthur H Symphonique 11 juillet 2025 © Culture déconfiture

lecture vignette

Cela faisait bien 15 ans que je n’avais pas lu cet album des aventures de Corto. Mais un projet de voyage en Ouzbékistan (et donc passage obligé par Samarcande) m’a donné envie de relire cet épisode. Toujours aussi drôle, toujours captivant et plein de rebondissements. Dans cet album, notre ami Corto part à la recherche d’un trésor enfoui dans les montagnes, celui du roi perse Cyrus dissimulé par Alexandre le Grand. Entre mythes et grande Histoire, encore une belle aventure en Asie occidentale que j’ai adoré relire !

Belle surprise : la passion Corto s’est poursuivie au mois d’août avec une exposition consacrée à l’intrépide marin à Port Leucate que je ne m’attendais pas à voir à ce moment-là. Un régal !

Corto Maltese à Port Leucate (21 août 2025)
Corto Maltese à Port Leucate (21 août 2025) © Culture déconfiture

Cette adaptation de La Distinction de Pierre Bourdieu en bande dessinée par Tiphaine Rivière est un travail de vulgarisation clair et efficace pour mieux comprendre certains mécanismes sociaux liés aux inégalités culturelles et à l’épineuse question du goût. L’essai de sociologie est transformé en récit : un jeune prof de SES en lycée décide de faire découvrir les théories de Bourdieu à ses élèves de banlieue parisienne, sans se douter des effets que ce cours va avoir sur leur vie et celles de leurs familles.
Une lecture agréable et une touche d’humour bienvenue pour désacraliser les sciences sociales.

La distinction Tiphaine Rivière (d'après Pierre Bourdieu)
La Distinction de Tiphaine Rivière (d’après Pierre Bourdieu)

Vous avez compris, y’a un petit thème ouzbek à ces vacances d’été. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai donc découvert cet ancien roman d’Amin Maalouf, qui était 100% en phase avec mon voyage. J’ai beaucoup aimé le sujet : l’histoire d’un livre légendaire, les Robaïyat écrits par Omar Khayyam au XIe siècle, leur disparition lors des invasions mongoles, leur réapparition à la fin du XIXe siècle en Perse, puis leur destruction dans le naufrage du Titanic en 1912 (je ne spoile rien, c’est dit dans la première phrase du prologue). Divisé en quatre parties, ce roman nous fait revivre les différentes époques que le livre a traversées et nous entraîne sur la route de la soie. Je ne connaissais qu’assez mal l’histoire de cette région et il faut dire que ce livre est particulièrement clair et bien documenté à ce sujet. Le style en revanche m’a laissé sur ma faim. Pas que ce soit mal écrit – tout est très limpide – mais l’ensemble est un peu plat et on sent bien qu’un académicien français n’en est pas pour autant un grand écrivain. C’est dommage, car avec du style, ce roman aurait eu toutes les qualités pour être un très grand livre. En tous cas, j’ai adoré découvrir cette histoire (qui plaira à tout bibliophile et globe-trotter, j’en suis sûr) et je remercie l’amie qui a eu l’excellente idée de me la faire découvrir.

Samarcande Amin Maalouf critique avis © Culture déconfiture
Samarcande, d’Amin Maalouf

Je dois avouer que je n’ai pas lu Lettres d’une Péruvienne de gaieté de cœur. Il ne s’agissait pas d’une lecture délibérée mais plutôt d’une obligation professionnelle, puisque ce roman épistolaire est au programme du bac de français à partir de la sessions 2026. J’ai été partagé entre le plaisir de certaines lettres (toutes celles qui ont une dimension critique sur la société française, à la manière des Lettres persanes publiées 26 ans plus tôt) et un ennui profond lors des longues lettres sentimentales où la Péruvienne de fiction se languit de son Péruvien chéri.

Voilà une œuvre qui me semble inscrite au programme davantage parce qu’elle a été écrite par une femme (mouvance féministe *on*) que pour ses qualités intrinsèques qui passionneraient davantage des lecteurs chevronnés d’université que des lycéens que l’on peine à raccrocher au plaisir de la lecture. Avec Françoise de Graffigny, pas sûr qu’on déclenche des vocations…

Lettres d'une péruvienne Françoise de Graffigny
Lettres d’une péruvienne, de Françoise de Graffigny

Cela faisait presque 2 ans que j’attendais la suite des aventures de Gülüshamar, initiées dans le premier tome, La Lune de Cendres. Est-ce que L’Ombre de Gargarath a satisfait toutes mes attentes ? Il ne serait pas honnête de répondre simplement « oui » tant j’ai adoré ce tome 2. Je l’ai dévoré en 3 jours sur la plage et me suis passionné pour les nouveaux personnages imaginés par Kutchuk Salmidanach. Dans cette suite, il dévoile une nouvelle partie de son univers : les Terres Gelées, où s’achevait le tome 1. Ses personnages (vampires et autre Dame-Blanche) permettent de mieux comprendre toutes les lois qui régissent ce monde foisonnant de fantaisie héroïque.

On retrouve également dans ce roman toute la veine poétique qui faisait l’ADN de l’écriture salmidanachienne (oui, je m’essaie aux néologismes) avec des nombreux poèmes qui jalonnent le récit. La poésie est d’ailleurs au cœur de l’une des nombreuses intrigues de cette nouvelle histoire, puisque Gülüshamar, le maître de l’art, doit à tout prix découvrir ce qu’est un « poème lié », secret grâce auquel il pourrait bien rendre toute sa liberté à une princesse givrée… mais à quel prix ?

Vous l’avez compris, ce tome 2 a été à la hauteur de plaisir que j’avais pris à lire le tome 1 et désormais je n’attends plus qu’une chose : la publication du tome 3, puisqu’il paraît que Le Maître de l’Art est une trilogie.

L'ombre de Gargarath Kutchuk Salmidanach Michel Blanc
L’ombre de Gargarath, de Kutchuk Salmidanach

Grand classique de la littérature politique, le Discours de la servitude volontaire est au programme du bac de français en 2026. Bien qu’écrit au cours de la Renaissance, sa modernité est intacte et ses analyses sont toujours d’actualité. À l’heure où les partis extrémistes s’emparent du pouvoir dans de nombreux pays du monde, le Discours permet de prendre un peu de recul et d’imaginer des moyens de résistance citoyenne. Une œuvre qui sera toujours au programme en 2027, année d’élection présidentielle en France… Une coïncidence ?

Discours de la servitude volontaire Etienne de la Boétie
Discours de la servitude volontaire, d’Étienne de la Boétie

En écrivant ce texte, Fontenelle tente de vulgariser les théories de Copernic en les rendant plaisantes sur le plan littéraire. Cet exercice sera repris au siècle suivant par Voltaire, qui empruntera la forme du conte (dans Micromégas) plutôt que celle des entretiens. Ici, aux cours de six soirées à la belle étoile, un philosophe tente d’éduquer une marquise à l’astronomie et l’invite à imaginer des formes de vies extraterrestres, à la lumière des connaissances de son siècle (le XVIIe). Je dois l’avouer, Cyrano de Bergerac et Voltaire m’éclatent bien plus quand ils abordent ces questions-là que ne le fait Fontenelle. Ce fut pourtant un best-seller en son temps.

Entretiens sur la pluralité des mondes
Entretiens sur la pluralité des mondes, de Fontenelle

Voilà pour mon bilan culturel de l’été 2025. Et vous, qu’avez-vous vu et lu d’intéressant pendant ces deux mois estivaux ?

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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