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Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien)

by Julien

Jerome K. Jerome. Vous connaissez ? Auteur britannique ayant vécu à cheval sur la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième, il est connu pour quelques romans comiques, parmi lesquels Trois hommes dans un bateau (sans oublier le chien).

A l’époque de sa publication (1889), le roman s’est arraché et hissé au rang de best-seller en Angleterre et dans le monde, même si le succès populaire et le succès critique n’ont jamais coïncidé pour Jerome K. Jerome. Le succès critique ne s’est même jamais présenté, d’ailleurs !

Son roman est pourtant assez amusant. Il y raconte un voyage sur la Tamise avec ses amis George et Harris, et tous les aléas conséquents. Leur insupportable chien Montmorency n’est pas en reste… Aux anecdotes comiques succèdent des digressions pseudo-philosophiques sur l’art, la gastronomie, la convivialité, etc.  En voici un exemple truculent, sur la fourberie des cordelles :

« Ce genre de cordage a des propensions aussi étranges qu’inexplicables. Vous l’enroulez avec autant de patience et de soin que s’il s’agissait de plier un pantalon neuf, et cinq minutes plus tard, quand vous le ramassez, vous ne trouvez plus qu’un enchevêtrement inexplicable et décourageant.

 

Ce n’est pas pour dire, mais je crois fermement que si vous preniez une cordelle au hasard, après l’avoir étendue bien droite de tout son long au milieu d’un champ, il vous suffirait de lui tourner le dos trente secondes pour découvrir, en la regardant de nouveau, qu’elle s’est rassemblée toute en un tas, au centre du champ, et s’est entortillée sur elle-même et toute remplie de nœuds, qu’elle a perdu ses deux bouts et qu’elle n’est plus que boucles. Vous mettriez une bonne demi-heure, assis là sur l’herbe sans cesser de jurer, pour la débrouiller.

 

Telle est mon opinion sur les cordelles en général. Bien entendu, il peut y avoir des exceptions honorables : je ne dis pas le contraire. Il peut exister des cordelles qui fassent honneur à leur corporation – des cordelles consciencieuses et respectables, des cordelles qui ne se prennent pas pour un ouvrage au crochet et ne tentent pas de figurer un dessus de canapé dès l’instant où on les laisse à elles-mêmes. Il se peut, dis-je, qu’il y ait de ces cordelles-là ; je souhaite sincèrement qu’il en existe. Mais je n’en ai pas encore vu. »

Voilà qui peut vous donner un bon exemple de l’humour de Jerome K. Jerome. C’est absurde, mais ça sonne pourtant très vrai ! J’ai moi-même souvent partagé cette réflexion à l’égard des câbles, rallonges, et autres fils d’écouteurs que je range pourtant consciencieusement… Vous aussi, j’en suis sûr…

Vous trouverez le même ton au sujet des bouilloires qui ne sifflent jamais lorsqu’on les regarde, ou les pensées retorses et délicieusement aristocratiques des chats lorsqu’ils se retrouvent fasse à un fox-terrier enragé… Ca ressemble un peu à du Desproges avant l’heure, ou à du Sterne attardé. Si le roman n’est pas non plus d’une qualité mémorable, ça reste un moment de lecture sympathique avec quelques moments distrayants.

Et vous, connaissez-vous de bons romans comiques anglais que vous recommanderiez ?

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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1 comment

Allychachoo 8 décembre 2016 - 11 h 25 min

J’adore ce passage sur les cordages 😉

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