Hier soir, pour la Saint-Valentin, Le Triomphe de l’Amour de Marivaux était joué au Théâtre de la Cité (à Toulouse). Si Marivaux est l’auteur le plus joué en France, cette pièce d’inspiration grecque n’est pas la plus connue.
Le Triomphe de l’amour
Au programme : une jeune princesse de Sparte qui part sur les traces d’un jeune prince en exil pour lui rendre son trône. Ce prince, Agis, a été élevé par deux ermites philosophes, un frère et une soeur qui se sont faits une fierté de vivre loin des tentations dangereuses et superficielles de l’amour… Un orgueil que la princesse Léonide va mettre à mal en déployant tous les artifices de la séductio. Tantôt sous son identité réelle pour séduire le philosophe, tantôt travestie en homme pour séduire sa soeur.
Une mise en scène de Denis Podalydès
La mise en scène était signée Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, avec une distribution d’excellence. Au milieu de la scène, la cahute du philosophe Hermocrate, comme sur un îlot dans un étang, entouré de touffes de hautes herbes. C’est là que tout va se jouer. Lle jeu de travestissement de la princesse, les résistances du philosophe et de sa soeur, les premiers émois du prince Agis, véritable ingénu crétin… Mais ce que j’ai préféré par-dessus tout, comme souvent chez Marivaux, c’est le rôle que jouent les valets Arlequin (Jean-Noël Brouté) et Dimas (Dominique Parent) toujours indiscrets. Ils mettent perpétuellement à mal le projet de l’héroïne et agrémentent le spectacle de scènes truculentes. Le jardinier, dans son patois inimitable, est tout simplement « émerveillable » !
Le rire était donc au rendez-vous parmi les jeunes spectateurs. Oui, car il faut se rendre à l’évidence… En 2019 ce sont plus que jamais les « scolaires » qui remplissent les salles de théâtre aux deux tiers. Malgré un dénouement en demi-teinte… Qui nous rappelle que Marivaux n’est jamais aussi simpliste que ce à quoi on a trop souvent voulu le réduire.
photo : © Pascal Gely