Home À lire Martin Eden de Jack London, une déception [CRITIQUE]

Martin Eden de Jack London, une déception [CRITIQUE]

by Julien
Martin Eden Jack London

Encensé, considéré comme le chef-d’œuvre de Jack London, le roman Martin Eden a été une grosse déception littéraire pour moi cet été !

Est-ce le fait d’en avoir trop entendu parler ? Ou que l’on m’en ait dit tant de bien ? Ou bien est-ce dû à un mauvais goût collectif dont j’ai été miraculeusement épargné ? Ou inversement, une forme de génie si sublime qu’elle m’est restée hermétique ? Je ne sais pas… mais en tous cas je me suis beaucoup ennuyé en tournant les pages de ce roman d’apprentissage.

Martin Eden, en résumé

Martin Eden est un homme du peuple. Il a environ 20 ans et est de nature assez grossière. Tantôt marin, tantôt ouvrier dans une blanchisserie, il peine à gagner correctement sa vie. Mais sa rencontre avec Ruth, une bourgeoise extrêmement policée, va avoir raison de lui et l’inciter à s’éduquer, à s’élever intellectuellement et socialement.

Autodidacte, il va se découvrir une véritable passion pour la lecture et l’écriture et va tout mettre en œuvre pour tenter de briller aux yeux de celle qu’il aime. Idéaliste, il est persuadé qu’à force de travail, les barrières sociales qui le séparent de celle qu’il aime vont enfin tomber et qu’ils pourront enfin vivre pleinement leur passion.

Une œuvre sans surprise ou une autocritique cachée ?

Dans un premier temps, j’ai trouvé cette histoire bien prévisible et surtout très laborieuse dans sa narration. Le style est souvent lourd et répétitif, et l’on devine toujours avec quelques coups d’avance ce qui va arriver au héros deux ou trois chapitres plus tard. J’ai donc été assez déstabilisé en refermant ce livre, me demandant ce que d’autres pouvaient bien trouver de si génial à ce roman…

Alors j’ai commencé à élaborer une théorie : Jack London aurait-il voulu, à travers ce récit d’apprentissage, exorciser sa propre part d’idéalisme comme Flaubert le fit avec Madame Bovary qu’il considérait comme sa cure antiromantique ? Le personnage de Martin Eden est tellement excessif dans ses réactions et caricatural dans sa manière de penser que l’on peut se demander si ça n’a pas été pour Jack London un moyen de se regarder lui-même à la loupe afin de corriger ses propres travers. C’est vrai que l’on retrouve chez ce Martin beaucoup de points communs avec la Bovary ou avec Frédéric Moreau, l’anti-héros de L’Éducation sentimentale. En particulier cet enlisement dans la médiocrité qui finit par faire de lui un symbole sublime, dans une époque où la médiocrité est devenue reine.

Je n’ai pas encore trouvé d’étude allant dans ce sens-là et je le regrette, car c’est pour moi la seule lecture qui pourrait rendre ce récit un tantinet digeste…

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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3 comments

Allychachoo 4 septembre 2021 - 11 h 48 min

Jamais lu, du coup tu ne me donnes pas trop envie de m’y mettre ^^ Jack London reste pour moi l’un des auteurs phares de mon enfance, je me souviens lire sous ma couette Croc-blanc et L’appel de la forêt jusqu’au bout de la nuit tellement j’étais captivée par les histoires.

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Julien 4 septembre 2021 - 14 h 47 min

Je n’ai rien lu d’autre pour l’instant, mais je lirai probablement L’Appel de la forêt, pour ne pas rester sur une mauvaise impression !

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Allychachoo 5 septembre 2021 - 14 h 53 min

Je ne sais pas ce que ça peut donner de le lire adulte, mais enfant c’est une superbe ouverture à la littérature !

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