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Youth

by Julien
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Un compositeur et un réalisateur de film vieillissants, Maradona, Miss Univers, un émissaire de Queen Elisabeth, un moine tibétain qui peut léviter, une popstar américaine et Hitler… Le point commun de ces personnages ? Le film de Sorrentino, Youth, qui les réunit dans un centre de remise en forme suisse pour millionnaires et égéries du star system.

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J’ai réellement découvert Paolo Sorrentino en 2013 avec le film La Grande Bellezza qui a été mon film préféré cette année-là et qui conserve depuis cette place dans mon panthéon cinématographique. Avec Youth, le réalisateur italien signe cette fois une comédie en anglais et met en scène des personnages aussi profonds qu’attachants. Etonnamment, ce film présenté au dernier festival de Cannes n’a pas obtenu de prix, comme si la profession, fascinée par le film d’Audiard Dheepan, était totalement passée à côté de l’autre chef-d’œuvre du festival.

J’admire le cinéma de Sorrentino pour de nombreuses raisons : ses films combinent une photographie sublime et des dialogues intelligents, des personnages réalistes et des situations qui oscillent entre un cynisme mordant et une grande tendresse. Les rôles secondaires ne le sont jamais tout à fait. Le moindre personnage, n’apparaissant que pour une scène voire qu’une réplique, vous marque durablement par sa justesse.

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Concernant la distribution, outre des acteurs masculins de prestige (Michael Caine, Harvey Keitel, Paul Dano), on retrouve dans Youth deux de mes actrices favorites : Rachel Weisz (en qui je verrai toujours la philosophe Hypatie, qu’elle incarna dans le film Agora, l’un des plus beaux portraits de femme porté à l’écran) et Jane Fonda (éternelle Barbarella, à qui le film adresse un petit clin d’œil… que dire de plus ?). Dans Youth, ces deux générations de comédiens posent la question du temps qui passe et de la manière dont on envisage l’avenir, surtout à l’âge où le temps qui reste ne se compte plus en anniversaires mais en visites médicales et bilans de santé. A ce titre, le personnage de Maradona, Dieu vivant obèse et presque impotent, est une incarnation mémorable.

Je vous recommande vivement d’aller voir ce film dont vous ressortirez l’esprit rasséréné, plein de musique et de magnifiques images. A moins que vous n’alliez voir cette autre comédie toujours à l’affiche ? Une chose est sûre, nous avons cette année une incroyable rentrée cinéma, vous ne trouvez pas ?

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Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

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1 comment

Yannick 24 décembre 2015 - 13 h 09 min

Ta critique rejoint largement ce que j’ai aimé du film; tu as mis un accent mérité sur l’importance des personnages féminins secondaires, auquel je n’avais pas pensé…

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