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Jean-Charles de Castelbajac : l’imagination comme manifeste

by Julien
Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture

Jusqu’au mois d’août prochain, le musée des Abattoirs accueille une exposition résolument pop et foisonnante consacrée à Jean-Charles de Castelbajac, figure majeure de la création contemporaine, à la fois créateur de mode visionnaire et artiste aux multiples visages. Intitulée L’Imagination au pouvoir, cette exposition ample — près de 300 œuvres — propose une immersion dans un univers où les frontières entre art, mode et culture visuelle explosent joyeusement.

Jean-Charles de Castelbajac en une expo : un parcours hors normes

On connaît le musée des Abattoirs pour ses propositions d’expo contemporaines audacieuses et originales. Après nous avoir subjugués avec Mickalene Thomas il y a peu (et avant elle Niki de Saint Phalle et Giacometti), le musée ouvre ses portes à la mode en donnant carte blanche à Jean-Charles de Castelbajac. Une expo colorée & pop, tout ce que l’on aime !

L’exposition embrasse l’ensemble du parcours de Castelbajac, depuis ses premières expérimentations jusqu’à ses créations les plus emblématiques. On y croise ainsi des pièces devenues cultes, comme les vestes nounours des années 1980, mais aussi des œuvres à forte charge symbolique, telles que les chasubles conçues pour les Journées Mondiales de la Jeunesse en 1997 ou celles réalisées pour la réouverture de Notre-Dame de Paris en 2024.

Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Exposition Jean-Charles de Castelbajac (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture

Loin d’une simple rétrospective, le parcours donne à voir une pensée en mouvement, une œuvre qui ne cesse de se transformer au fil des décennies, tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable.

Le vêtement comme œuvre totale

Chez Castelbajac, le détournement et la collaboration ne sont pas des à-côtés, mais un véritable mode opératoire. L’exposition met en lumière cette pratique du dialogue permanent : entre art et mode, bien sûr, mais aussi entre musique, histoire, sacré, pop culture et imaginaire de l’enfance. Le vêtement devient alors un espace de rencontre, un terrain d’expérimentation où se croisent les références et les disciplines, sans hiérarchie ni cloisonnement.

Très tôt, Castelbajac fait du vêtement bien plus qu’un objet utilitaire. Il est tour à tour œuvre d’art, armure, parure, support d’un discours esthétique et politique. Sa quête de liberté, nourrie d’une indiscipline revendiquée, traverse toute sa carrière.

Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Exposition Jean-Charles de Castelbajac (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture

Refusant les définitions figées, son travail se joue des catégories et des conventions. Accumulation, collage, hybridation, recours à des matériaux dits « pauvres » — aujourd’hui regroupés sous le terme d’upcycling — inscrivent son œuvre dans un dialogue évident avec de grands courants de l’histoire de l’art, de l’Arte Povera au Nouveau Réalisme, en passant par l’art conceptuel.

Vêtements, dessins, photographies, objets de design et accessoires témoignent d’une capacité rare à transformer les matières comme les idées. Cette alchimie donne naissance à un art total, à la fois ludique, critique et profondément ancré dans son époque.

Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Icones de la pop culture, à l’image de Vanessa Paradis (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture

La palette chromatique vive et immédiatement identifiable de Castelbajac accompagne de nombreuses collaborations prestigieuses : Robert Malaval, Keith Haring, Cindy Sherman, Bettina Rheims, Robert Mapplethorpe, Oliviero Toscani, Lady Gaga… mais aussi des maisons et institutions aussi diverses qu’André Courrèges, Max Mara, Ligne Roset ou des commandes liturgiques d’envergure internationale.

Imaginer une autre idée de la mode

C’est un grand plaisir de voir un musée toulousain ouvrir ses portes à la mode. Quand je vais à Paris, j’aime toujours regarder du côté du Musée des arts décoratifs pour voir ce qui s’y passe, et je regrette toujours que des expos comme celle qui avait été consacrée à Thierry Mugler en 2022 ne descende jamais jusqu’à chez nous. Mais voilà l’injustice réparée avec cette initiative du Musée des Abattoirs…

Au cœur de L’Imagination au pouvoir se trouve une ambition intacte : penser la mode autrement. Non comme un simple produit, mais comme un langage, un outil critique, un espace de réflexion artistique, historique et sociétale. Les vêtements ont donc tout naturellement leur place dans un lieu comme le Musée d’art contemporain de Toulouse.

Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Les fameuses chasubles pour la réouverture de Notre-Dame (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture

Première exposition aux Abattoirs entièrement dédiée à la mode, cette proposition s’impose comme une évidence tant l’œuvre de Jean-Charles de Castelbajac démontre que, chez lui, l’art et la mode ne font qu’un. Une invitation à regarder autrement le vêtement, et à célébrer la puissance joyeuse de l’imaginaire, à découvrir jusqu’au 23 août 2026.


Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Un petit air de Cocteau sous le crayon de Castelbajac (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture
Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
Petite collab’ avec Ben (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture
Expo Castelbajac Abattoirs 31 janvier 2026 © Culture déconfiture
L’influence de Man Ray (les Abattoirs, 31 janvier 2026) © Culture déconfiture

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