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Peaky Blinders : L’immortel, le baroud d’honneur de Thomas Shelby

by Allychachoo
Peaky Blinders : L'immortel

Après avoir suivi la saga des Peaky Blinders pendant 6 saisons, j’attendais de pied ferme ce film censé conclure l’épopée de la famille Shelby. C’est donc avec une très grande impatience que j’ai lancé Peaky Blinders : L’immortel le jour de sa sortie sur Netflix et voici mon avis sincère !

Birmingham sous les bombes : le retour du Roi

L’intrigue nous propulse en 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale. On retrouve un Thomas Shelby vieilli et retiré du monde, hanté par ses démons et ses pertes passées. Mais une menace plus sournoise émerge de l’intérieur. Son fils aîné, Duke, a repris les rênes du gang. Mais il se retrouve impliqué malgré lui dans un complot nazi… (largement inspiré de la l’opération Bernhard). Tommy n’a pas d’autre choix que de sortir de l’ombre pour sauver son héritage et sa ville. Mais les fantômes de son passé restent plus que jamais présent dans sa destinée…

Ce qui frappe immédiatement, c’est cette approche qui mêle le début de la série et sa fin. Nous sommes donc dans un véritable retour aux fondamentaux, les guerres de clochers de Birmingham. Mais ce sont les enjeux nationaux, voire mondiaux, qui sont bien au cœur de cette nouvelle intrigue dans laquelle trempent une fois de plus les Peaky Blinders. N’oublions pas que Thomas Shelby s’était rapproché d’Oswald Mosley dans les saisons 5 et 6…

Peaky Blinders : L’immortel, mon avis sincère

Un adieu esthétique…

Esthétiquement, le film est une réussite totale, à l’image de ce qu’on a adoré du travail de Stephen Knight sur la série. On replonge avec délice dans la boue et la fumée de Birmingham, un retour aux sources qui fait du bien. Peaky Blinders : L’immortel joue à fond la carte du “chant du cygne”, avec une esthétique crépusculaire magnifique. Et on retrouve une nouvelle fois une bande sonore absolument impeccable, qui donne le rythme aux scènes avec perfection.

…mais un peu rapide

Alors quel plaisir de retrouver les Shelby une dernière fois ! Mais, pourtant… Je ne peux m’empêcher de penser que ce long-métrage est loin d’être indispensable. Là où la série prenait le temps de creuser la psychologie des personnages, le film impose un rythme effrené qui m’a semblé un peu factice. Paradoxalement, j’aurais presque préféré que ce soit le lancement d’une nouvelle saison ! Histoire de laisser au scénario le temps de respirer et se déployer pleinement, notamment pour mieux développer l’antagoniste campé par un Tim Roth pourtant très convaincant.

Un dernier tour de piste plaisant mais dispensable

Au final, Peaky Blinders : L’immortel ressemble à un immense fan service. Il est dédié à la sortie de scène de Tommy plutôt qu’à la fin de la saga qui, finalement, trouvait déjà une conclusion satisfaisante dans la saison 6. C’est à lui, et à sa famille de l’ombre, que l’on dit vraiment au revoir. Avec une fin plus que prévisible. Au final, c’est pour cela qu’on regarde, avec dès le début une pointe de nostalgie.

Le personnage de Duke, incarné par un Barry Keoghan plutôt crédible en fils mi-cruel, mi-enfant perdu, symbolise une nouvelle génération. Mais… il n’a pas (encore ?) l’étoffe des Shelby “d’avant”. C’est sans doute volontaire : avec la Seconde Guerre mondiale, on sent qu’on bascule dans un monde nouveau où les codes des Peaky Blinders s’effacent. On quitte donc la saga avec un pincement au cœur, conscient que le vide laissé par les visages historiques de la série ne sera jamais tout à fait comblé. Mais heureux d’avoir savouré ce dernier shot d’adrénaline !

Cillian Murphy : pour toujours l’âme et le sang de Thomas Shelby

Ah, Cillian Murphy. C’est avec les Peaky Blinders que j’ai développé une fascination pour cet acteur. Je ne me lasserai jamais de son interprétation de leader du camp Shelby. Ce film confirme une fois de plus que Cillian Murphy EST Thomas Shelby. Toujours aussi magnétique, il incarne ici un Tommy plus sombre que jamais, marqué par des blessures qui semblent désormais mortelles, au sens propre comme au figuré. C’est fascinant de voir comment l’acteur parvient à faire passer autant de subtilités avec ce visage si monacal, presque imperturbable. On sent chaque trace du passé, chaque deuil et chaque trahison gravés dans son regard. Il nous offre ici la conclusion d’un destin hors norme, entre une ascension fulgurante et une déchéance inéluctable.

Le film joue d’ailleurs beaucoup sur ce contraste : l’icône Tommy Shelby face à l’homme fatigué par ses choix et les pertes qui en ont découlé. Même si le scénario court un peu trop après la montre, Cillian Murphy, lui, prend le temps d’habiter chaque silence. C’est à travers lui que l’on ressent le mieux ce passage de témoin vers un monde nouveau. Tout en mettant gravement en avant la réalité de la guerre et de ses atrocités, celles qui le hantent toujours après la Première Guerre Mondiale. C’est un dernier tour de piste, sombre et puissant, qui vient boucler la boucle d’un personnage qui restera gravé dans l’histoire des séries.


Alors, faut-il se ruer sur ce final ? Si vous êtes un inconditionnel de l’univers de Steven Knight, ce film est une belle création qu’il serait dommage de bouder, ne serait-ce que pour la prestation habitée de Cillian Murphy. Mais si vous cherchiez une révolution scénaristique après la saison 6, vous risquez de rester sur votre faim…

Peaky Blinders : L’immortel n’est pas indispensable, certes, mais il offre une sortie de scène digne et crépusculaire à un personnage qui nous aura fascinés jusqu’au bout.

Mais donnez moi votre avis sur Peaky Blinders : L’immortel, je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

Bye bye, Tommy.

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