Home À écouter Novembre 2025, le bilan culturel

Novembre 2025, le bilan culturel

by Julien
bilan culturel

Novembre est un mois que j’ai toujours bien aimé : on sent que Noël approche (Mariah Carey revient sur nos ondes, les chaînes rediffusent les films de fin d’année et les sagas qu’on adore, une bonne odeur de pain d’épice plane dans l’appartement…) et glander à la maison sous un plaid sans culpabiliser. Évidemment, on ne met pas non plus la vie culturelle entre parenthèses. Films, spectacles et lectures étaient au programme tout au long du mois de novembre. C’est parti pour le bilan culturel.

Au cinema

Côté ciné, j’ai découvert deux récentes adaptations de grands classiques de la littérature anglaise. Les monstres les plus fameux, revus et corrigés par des réalisateurs dont j’apprécie les productions.

Pour moi, l’essai n’a pas été transformé avec cette nouvelle adaptation du mythe de Frankenstein. L’esthétique à outrance m’a tenu trop à distance, je ne suis pas rentré dans cet univers et n’ai ressenti aucune empathie pour ces personnages. Dommage…

Toute la critique est ici.

frankenstein Guillermo del Toro
Frankenstein, par Guillermo del Toro

Je sais que ce n’est plus très en vogue de dire qu’on aime les films de Luc Besson… mais voyez-vous, même depuis sa chute, je continue de voir ses œuvres et de les apprécier. Dogman avait été un énorme échec presse et public, pourtant j’avais trouvé ce film assez réussi. Je trouve qu’il a trouvé auprès de Caleb Landry Jones un formidable acteur pour interpréter ses histoires. C’est d’ailleurs a lui qu’il a confié le rôle fameux de Dracula, et il l’incarne à la perfection. Un Dracula que je n’avais jamais vu sous cet angle-là, romantique a souhait, que l’on se surprend à aimer et dont on espère qu’il parviendra à ses fins.

Après avoir vu le Nosferatu de Robert Eggers en 2024 – que j’avais adoré – je craignais que la proposition de Besson ne souffre pas la comparaison. Mais le Français a fait un choix tellement différent et radical que j’ai totalement oublié Nosferatu et suis rentré dans la proposition de ce Dracula 2025, so romantic et à l’esthétique proche de celle d’un conte. Je recommande.

Au theatre

Quelle belle idée que d’adapter le récit de Bertrand Guillot en cette période politiquement désastreuse. Un vent de révolution a soufflé dans le Théâtre Garonne. Les passerelles entre 1789 et 2025 sont particulièrement bien amenées et le public – jeune et plus ancien – a semble-t-il été conquis. Un spectacle qui risque de connaître une belle longévité à l’approche des élections.

L'abolition des privileges Maxime Pambet
L’Abolition des privilèges (Maxime Pambet)

J’ai beaucoup aimé cette proposition hybride dans laquelle les régies (son & lumière) et les comédiens partagent le plateau. Le spectacle mélange aussi la danse hip-hop et le théâtre en LSF, forme dont on a souvent parlé ici et que l’on adore. Le spectacle de Jonathan Livingston le goéland n’a pas encore beaucoup tourné, mais on espère qu’il tapera dans l’œil des programmateurs et sera vu par le plus grand nombre, car la proposition est captivante !

Pour son premier seule en scène, Isabelle Matras a fait confiance à Julie Safon, qui l’a mise en scène dans la pièce de Willy Russell Shirley Valentine. Entre le rire et les larmes, on suit l’héroïne dans son projet radical : tout plaquer pour partir en Grèce et vivre, enfin ! Du texte à l’interprétation, j’ai tout aimé, et je vous en parle en détails dans cet article.

Shirley Valentine Isabelle Matras © Culture déconfiture
Shirley Valentine (avec Isabelle Matras) © Culture déconfiture

Je dois le dire d’emblée, j’étais crevé quand je suis allé voir Le Livre de K, et j’ai donc pas mal pioncé pendant la première partie du spectacle. Mais tout ce que j’ai vu de ce spectacle fragmentaire m’a plu. Visuellement, Simon Falguières sait créer des images très fortes (la scène de dialogue entre Olga et Frieda, dans une maison mise sur écoute, une claque !). Au niveau de l’intrigue, je n’ai pas tout compris. Je pensais au début que c’était à cause de mon sommeil, mais en discutant ensuite avec d’autres spectateurs, j’ai compris que personne n’avait compris la même chose non plus… ça m’a rassuré. Le spectacle aurait certainement gagné à être un peu moins un « j’y-fous-tout ».

Comme tout le monde, j’ai entendu parler du meurtre de Rémi Fraisse dans les médias en 2014. Mais je dois dire que, dans la décennie judiciaire qui a suivi, la suite de l’affaire m’avait un peu échappé. Non-lieu est l’occasion de faire une mise au point, alors que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a définitivement statué sur la responsabilité de l’État français dans la mort du jeune homme. Le spectacle est dense & documenté. Le résultat est captivant et édifiant. Difficile après ça de continuer à dire que l’on ne vit pas dans un État policier… Révoltant et effrayant.

En concert

Musicalement, le mois de novembre a été marqué par deux semi-déceptions, que ce soit sur la scène pop ou sur la scène classique…

J’avais adoré l’album de Lamomali, dont je vous avais parlé ici et que j’écoute en boucle depuis sa sortie. J’étais donc très enthousiaste d’aller découvrir la version scénique ce mois-ci au Zénith de Toulouse. Finalement, le spectacle a viré au show de M, reléguant les artistes maliens au rang de faire-valoir et de tapisserie (j’en parle ici). Bonne ambiance, spectacle généreux, mais l’émotion m’a manqué, et surtout le partage sincère avec les musiciens africains.

Lamomali concert Toulouse 21112025 © Grégory Rossi
Lamomali en concert à Toulouse le 21.11.2025 © Grégory Rossi

Musicalement, ce spectacle est un triomphe. Côté mise en scène, on aurait imaginé plus d’audace de la part d’Agnès Jaoui. Son spectacle ne comporte aucune proposition forte, et paraît même daté dans ses choix colorimétriques et esthétiques. C’était un peu un retour dans les années 90 (voire même plus ancien) et j’aurais largement préféré voir quelque chose de plus inventif. Je vous en parle plus largement ici.

Don Giovanni © Mirco Magliocca
Don Giovanni © Mirco Magliocca
Lectures

Ce texte de Christiane Taubira m’a moins emballé que ce que j’aurais cru. On sent que la dame se regarde écrire, se gargarise de ses références et de sa propre culture. Pas sûr que cela soit très limpide pour la « jeunesse » à laquelle elle prétend pourtant d’adresser. Je suis allé au bout parce que le livre est quand même assez court, mais franchement j’aurais laissé tomber si cela avait été plus long.

J’avais peu aimé L’Iris blanc, l’album précédent avec son humour de boomer réactionnaire. Astérix en Lusitanie, signé par le même duo, est beaucoup plus proche de l’esprit d’Astérix à l’ancienne. Les jeux de mots m’ont bien fait marrer, même si l’histoire n’est pas révolutionnaire. On passe une heure plutôt sympa avec cet album.


Avec 11 objets culturels, le mois de novembre s’achève sur un bilan plutôt positif. Et vous, qu’avez-vous lu et vu ce mois-ci ?

Qui a écrit cet article ?

culture déconfiture Julien

Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.

You may also like

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.