On ne va pas se mentir : dès qu’une nouvelle série signée Ryan Murphy débarque, la curiosité est immédiate. Souvenez-vous des nombreuses séries qu’on lui doit : Grotesquerie, Scream Queens, Monstres (Dahmer & les frères Menendez), American Horror Stories, The Watcher… Avec The Beauty diffusé sur Disney +, il frappe encore une fois avec un concept aussi simple qu’efficace : et si la beauté devenait une norme absolue… au point d’en effacer toute humanité ?
The Beauty : un concept séduisant… et inquiétant
Difficile de ne pas penser à The Substance de Coralie Fargeat, qui revisitait déjà Le Portrait de Dorian Gray dans une version aussi fascinante que dérangeante. Même idée de départ : la beauté comme obsession et comme malédiction.
Mais là où The Substance allait au bout de sa logique entre horreur corporelle et vertige esthétique, The Beauty reste un cran en dessous. Le parallèle est inévitable… et pas forcément à l’avantage de la série.
Déjà parce que les personnages principaux sont trop caricaturaux. C’est sans doute là que le bât blesse. Les figures centrales manquent de nuances, à commencer par le couple Forst, incarné par Ashton Kutcher et Isabella Rossellini. Trop appuyés, trop symboliques, ils peinent à exister autrement que comme des archétypes.
En revanche, les intrigues secondaires sont nettement plus convaincantes. L’enfant malade, l’adolescente mal dans sa peau, le laborantin trans, ou encore l’incel : autant de trajectoires qui explorent, chacune à leur manière, ce qui pousse à sacrifier son identité sur l’autel de la beauté.
C’est là que la série devient vraiment intéressante.
Un duo d’enquêteurs qui fonctionne
Du côté de l’enquête, le tandem formé par Evan Peters et Rebecca Hall apporte un vrai relief. Leur dynamique fonctionne, et Peters, en particulier, impose une présence assez irrésistible. Leur intrigue permet de structurer le récit et d’éviter que la série ne se perde complètement dans ses multiples pistes.
Le problème, au fond, est presque idéologique. The Beauty entend dénoncer les dérives du culte de l’apparence… tout en mettant en scène des acteurs qui, même dans leur version « imparfaite », restent objectivement magnifiques. Résultat : une forme de contradiction qui affaiblit le propos. La série pointe du doigt une norme qu’elle reproduit malgré elle. Pas très malin.
Addictif, mais frustrant
Malgré ses défauts, The Beauty reste une série très addictive. Le concept accroche, les intrigues s’enchaînent, et on a clairement envie de savoir où tout cela va mener. Mais c’est justement là que naît une autre frustration : la série est pensée pour durer. Là où un format resserré en une seule saison aurait sans doute gagné en efficacité, The Beauty ouvre la porte à une suite.
Une suite que je regarderai peut-être… mais sans la même impatience que les débuts.
