Avec Les arbres écrivent aussi, Dominique Boudou (textes) et Cédric Merland (photos) signent un objet littéraire singulier, à mi-chemin du livre d’art, du recueil poétique et de la méditation contemporaine. Fidèle à l’identité de la maison La 21ème Saison (dont on se souvient du remarquable travail formel sur Le Corps de ma langue), l’ouvrage assume pleinement son goût pour les formes hybrides et les propositions atypiques.
Les Arbres écrivent aussi : un livre d’impressions plus que de narration
Ici, point de récit linéaire au sens classique. Le livre se déploie plutôt comme une traversée sensible. Un promeneur avance, perçoit, ressent. Les textes courts de Dominique Boudou fonctionnent par touches, par fragments, tandis que les photographies en noir & blanc de Cédric Merland dialoguent avec eux dans une esthétique volontairement épurée, presque méditative.
L’ensemble peut dérouter les lecteurs en quête d’intrigue, mais c’est précisément là que réside la proposition du livre : substituer à la narration une expérience. Le lecteur est invité à ralentir, à observer, à se laisser traverser par des impressions plus que par des événements.
Quand la poésie rencontre l’inquiétude contemporaine
Au fil des pages affleure une inquiétude très contemporaine. Derrière la figure du marcheur se dessinent les grandes questions écologiques et existentielles de notre siècle.
L’homme sera-t-il toujours là quand il n’y aura plus d’arbres à raconter ? Les arbres raconteront-ils l’homme après sa disparition ?
Pourquoi ce livre ? (note de l’éditeur)
Ce livre dégage une profondeur qui dépasse largement la simple contemplation naturaliste. Œuvre brève mais dense, Les arbres écrivent aussi se savoure davantage qu’il ne se lit d’une traite. Un livre pour lecteurs curieux des formes poétiques contemporaines et des objets éditoriaux qui sortent des sentiers battus. Une proposition discrète, mais habitée, qui confirme une fois de plus l’audace éditoriale de La 21ème Saison.